Le 25 juin, l’IFOP a publié un sondage intitulé « Les Français et le civisme ». Les résultats n’incitent pas à l’optimisme : les sondés s’inquiètent du devenir de la citoyenneté. À la question « vers quel type de citoyenneté notre société se dirige-t-elle dans les années à venir », ils répondent majoritairement que l’on se dirige vers « plus de volonté de s’enrichir et de réussir individuellement » (86 %), « plus d’indifférence à l’égard d’autrui en général » (85 %) et « un repli individualiste » (84 %).
On peut évidemment faire dire aux sondages ce que l’on veut. Le fait que l’enrichissement et la réussite individuelle soient présentés en opposition à « l’attention portée aux intérêts collectifs » est révélateur de l’emprise du socialisme sur les Français. Ces derniers confondent visiblement enrichissement, réussite individuelle et repli sur soi ; individualisme et égoïsme. Chercher à s’élever socialement n’a pourtant rien de condamnable en soi, c’est au contraire un objectif louable. On oublie également que la richesse n’est pas un frein à la générosité mais qu’elle en est, le plus souvent, la condition. Les plus gros donateurs au monde se trouvent d’ailleurs aux États-Unis : 1,2 milliard de dollar en 2025, contre 520 millions en Allemagne, 398 millions au Royaume-Uni et 319 millions en Suède.
Le sondage comporte ensuite des questions liées à la politique. Les sondés, dans leur majorité (78 %), craignent la montée du capitalisme de connivence : ils estiment que les intérêts économiques et financiers auront de plus en plus d’emprise sur les hommes politiques. Ils pensent que l’on tend vers moins de transparence, moins de démocratie et plus de médiocrité dans le débat public : 78 % considèrent que les médias contribuent à la société du spectacle et au « désintérêt envers la chose publique ». Ces réponses corroborent les conclusions de l’Indice de perception de la corruption (IPC) de 2024 : la France est un pays de plus en plus corrompu. Elle est classée en dessous de la moyenne des pays catégorisés comme pleinement démocratiques.
Pour en revenir à une conception plus stricte du civisme, les sondés constatent qu’il y a plus d’agressivité verbale dans le débat politique (78 %), sur les réseaux sociaux (78 %), dans l’espace public (76 %) et dans les médias (70 %). Cette observation est liée au constat précédent : un État omniprésent, qui a une emprise sur tout, mine nécessairement l’état de la démocratie. L’agressivité verbale en est très probablement le symptôme, étant donné que le nivellement par le bas se fait de plus en plus sensible dans les débats publics. Cette tendance s’observe autant à la télévision que dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Au lieu de dénoncer un hypothétique excès d’individualisme, les Français seraient plus avisés de s’interroger sur le rôle centralisateur de l’État. Le civisme ne peut naître que dans une société qui valorise la liberté individuelle, la responsabilité personnelle et qui s’affranchit de la tutelle étatique.
Une réponse
En bref, soyons civiques, mais que les politiciens commencent. En plus développé: la paganisation de notre pays ne laisse plus beaucoup de place aux 10 commandements, dont le résumé est « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».