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jeudi 10 septembre 2026

Pendant que la France disserte à l’infini sur la « souveraineté numérique », Google investit 13 milliards d’euros en Finlande

Temps de lecture : 2 minutes

Le 9 septembre 2026, Google a annoncé un énorme investissement en Finlande : au moins 13 milliards d’euros, courant sur les deux prochaines années, pour  des centres de données consacrés à l’intelligence artificielle. C’est, de loin, le plus gros projet du genre en Europe, presque le triple, par exemple, de celui (5,5 milliards) qui avait été promis à l’Allemagne fin 2025.

Les retombées attendues pour ce pays de moins de 6 millions d’habitants ont de quoi faire rêver : + 3,6 milliards d’euros de PIB par an, plus de 37 000 emplois créés pendant la construction (dont 16 000 dans le bâtiment), puis quelque 7 000 emplois pérennes pour l’exploitation. À Hamina dans le sud-est du pays, l’un des sites prévus, Google réinjectera même la chaleur excédentaire de ses serveurs dans le chauffage urbain de la ville : le type de bénéfice concret dont nos tergiversations nous privent. Le tout sans un centime d’argent public, sans subvention, sans redistribution : un investissement privé, tout simplement.

Pourquoi la Finlande ? D’abord parce que l’énergie y est abondante, bon marché et décarbonée : au cœur du montage figure un contrat nucléaire de vingt-deux ans avec l’électricien Fortum, dont l’action a bondi de près de 10 % à Helsinki. Ensuite à cause du climat, qui refroidit les serveurs à moindre coût. Enfin — et surtout — parce que tout est réuni pour attirer les investisseurs : règles stables, fiscalité raisonnable et prévisible (IS à 20 %, faibles impôts de production, charges employeur modérées). Microsoft et ByteDance se sont installés là pour les mêmes raisons.

En France, nous avons un atout majeur, notre énergie nucléaire, abondante et décarbonée. Elle pourrait même faire de nous la championne européenne des centres de données. Mais il n’en est rien. Parce que nous n’avons pas le reste : ni la fiscalité de la Finlande, ni sa stabilité, et encore moins son état d’esprit.  Chez nous, les data centers sont vus comme une menace pour l’eau et l’électricité, on procrastine de moratoires en moratoire, on exige toujours de nouvelles taxes…  Or le capital et les investisseurs détestent l’incertitude.

Google a annoncé de nouveaux centres de données également aux Pays-Bas et en Belgique ; sa maison mère, Alphabet, portera ses investissements mondiaux à quelque 200 milliards de dollars cette année. Une manne sans précédent va déferler sur l’Europe pour bâtir l’infrastructure de l’IA — une manne que la France, les pieds dans le ciment de ses lourdeurs, de ses hésitations et de ses contradictions, va laisser passer. C’est que nos politiques appellent… la « souveraineté numérique » !

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