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jeudi 4 juin 2026

Pour pouvoir « changer de modèle », il faut bloquer la capacité de nuisance des syndicats

Temps de lecture : 3 minutes

C’est une tradition bien ancrée en France : les syndicats français refusent presque systématiquement les réformes. Ils ne représentent plus grand monde mais peuvent s’opposer à tout. Si l’on veut faire bouger le pays, il faudra les remettre à leur place et leur couper les vivres publiques.

Réformer la France ! Tout le monde (ou presque) s’y met. Nous ne pouvons que nous réjouir. A force de battre le tocsin, nous, libéraux, sommes parvenus à faire cheminer nos idées. Peu de politiques aujourd’hui nient qu’il soit nécessaire d’évoluer, de bousculer certains acquis, de réévaluer des priorités, bref de changer. Car le monde change et nous ne pouvons pas rester figés dans des postures délétères. Notre modèle social est un échec et beaucoup l’admettent, à gauche comme à droite. « Nous devons arrêter de [le] financer […] par une dette que nous transmettrons à nos enfants. Nous ne pouvons pas compromettre les investissements pour l’avenir des générations futures », a ainsi affirmé Elisabeth Borne.

Taux de syndicalisation en France : entre 3 et 5 % !

L’ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, Gabriel Attal, vient de le déclarer : « Démographie, sécurité, écologie : on ne peut pas relever les défis de demain avec les outils d’hier. Nous avons besoin de réinventer profondément notre modèle. » Changer de modèle… Oui, nous aurions dû le faire depuis longtemps. A force d’attendre, de tergiverser, de reculer, nous avons laissé notre merveilleux « modèle social français » enfoncer le pays dans l’endettement et la crise. Nous commençons à admettre qu’il faut agir. C’est très bien. Mais savons-nous par quoi le remplacer et surtout, en avons-nous la possibilité ? Toute réforme se cogne d’emblée contre un mur, celui qu’érigent toujours  les syndicats. Le démolir, ce sera probablement l’un des premiers travaux d’Hercule auxquels devra s’attaquer le prochain décideur politique. Nous avons quelques idées sur la manière dont il pourrait s’y prendre.

D’abord, le constat. Les syndicats français ne représentent plus beaucoup de salariés. Ils sont néanmoins toujours qualifiés de « partenaires sociaux », ils participent au fameux « dialogue social », mais on se demande à quel titre. Selon les données de la DGFIP (Direction générale des finances publiques) qui comptabilisent les foyers fiscaux déclarant avoir versé des cotisations syndicales, le taux de syndicalisation se situe entre 3 et 5 % ! Autrement dit, les syndicats s’arrogent le pouvoir de bloquer le pays, de pourrir la vie de centaines de milliers de Français, salariés ou non d’ailleurs, qui ne les reconnaissent pas. Ils sont implantés surtout dans la fonction publique et les entreprises publiques comme la SNCF.

Des vérités qu’il serait excellent de dire

Ensuite, l’action. Le prochain gouvernement devra dire ces vérités aux Français. Il devra aussi en dire une autre, qui est une sorte d’énorme anomalie que l’on feint de trouver normale : ce sont tous les salariés, syndiqués ou non, en accord ou non avec leurs actions, qui financent les syndicats. Selon la Cour des comptes, les cotisations ne représentent qu’une infime part des quelque 4 milliards d’euros dont ils disposent, leur financement étant assuré par le fonds paritaire et les subventions publiques, qui sont de deux sortes : directes – versement de l’argent public – et indirectes (les locaux où ils ont leurs bureaux). Un exemple : lorsqu’une collectivité compte au moins 50 agents, l’autorité territoriale doit mettre à leur disposition un local commun (voire, si elle le peut, des locaux distincts) aux syndicats représentatifs y ayant une section.  Serait-ce si incongru de décider que toute espèce de subvention publique sera supprimée, afin d’accorder aux syndicats… le privilège de survivre grâce au seul soutien de leurs adhérents ? Ce serait bien la seule manière de mesurer leur réelle légitimité. De même, il faut abroger le système du détachement (l’agent est placé hors de son corps d’origine et continue à bénéficier de ses droits à avancement et retraite) et de mises à disposition (l’agent demeure dans son corps d’origine, est réputé occuper son emploi, continue à percevoir la rémunération correspondante mais effectue son service ailleurs) dont les syndicats profitent.

La nécessaire bataille à venir contre les syndicats

Dans un rapport publié en octobre 2024 (« Une réforme inaboutie du dialogue social dans la fonction publique »), la Cour des comptes soutient que le « coût du dialogue social est difficile à cerner et non estimé par l’administration ». Les détachements, les autorisations spéciales d’absence (ASA), les décharges d’activité de service pour remplir les obligations résultant de leur mandat syndical, sont mentionnés de façon dispersée et parcellaire. La Cour estime néanmoins ce coût à au moins 874 M€. Il serait indispensable, avant toute réforme, de faire du ménage pour y voir clair dans le monde des syndicats de la fonction publique. Nous avons montré qu’ils ont fait plier le Gouvernement, fin avril, sur les ASA (autorisations spéciales d’absence), en augmentant le nombre de jours autorisés. Des coûts supplémentaires pour un Etat exsangue et des contribuables qui n’en peuvent plus.

La France n’est pas une démocratie sociale mais une démocratie politique. Il est difficilement tolérable que des syndicats non représentatifs et dont les leaders n’ont souvent jamais travaillé dans le privé, dictent leur loi. Ce sont les élus et le Gouvernement qui doivent diriger le pays, pas eux. Celui ou celle qui sera élu(e) en 2027 devra faire preuve d’assez de détermination – et de courage ! – pour imposer cette évidence et la rendre effective. Sinon, la France continuera de connaître de fortes difficultés pour réformer.

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17 réponses

  1. Je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse entendre les anciens ministre et, pire, anciens 1ers ministres s’exprimer ! Ils n’ont pas agi quand ils le pouvaient, qu’ils se taisent !
    Sur l’article lui-même, merci de rappeler ces évidences tues au grand public : oui, parler de « partenaires sociaux » et les consulter à tout bout de champ est un scandale, oui, tout le monde paie pour eux et le bulletin de salaire « simplifié » permet de cacher ce fait, oui ils ne défendent qu’eux-mêmes et OUI, il est temps de supprimer toute subvention et de les laisser vivre des dons de leurs adhérents.

  2. Merci pour ce bon résumé. Un autre verrou à faire sauter sera celui du premier tour des élections professionnelles réservé aux syndicats. Quelle que soit la taille de l’entreprise, un salarié ou un agent non mandaté par un syndicat ne peut y prétendre.

  3. Le problème c’est que malgré ce taux de syndicalisation de 3% à 5%, les syndicats ont un taux d’approbation nettement supérieur au sein de la population.
    En effet les avantages obtenus par leurs blocages sont encore perçus comme la victoire du peuple sur les nantis alors qu’il s’agit le plus souvent d’avantages obtenus par certains au détriment du reste de la population.

  4. Et arrêtons le crédit d’impôts pour les cotisations syndicales, c’est encore un coût pour les contribuables

  5. La réforme que vous proposez ne se fera pas (en tout cas avant très longtemps).
    Une autre idée (pas nouvelle) serait de rendre obligatoire l’appartenance à un syndicat, y compris des syndicats hors des 4 dits représentatifs. Ceci pourrait rendre les syndicats moins politiques en se souciant de leurs membres/

  6. L’abrogation des ordonnances de 45 qui financent les cinq syndicats dits représentatifs avec des cotisations ponctionnées sur les cotisations d’assurance vieillesse et d’assurance maladie est le préalable à toutes réformes en France.

  7. C’est la gauche qui réclame toujours plus et qui est payée à rien faire, c’est Holland qui touche une retraite de la cours des comptes, qui a travaillé 3 ans pour une retraite basée sur combien d’années, 37ans? moi j’appelle ça du détournement d’argent public, il est pas le seul dans les politiques, les syndicats et les politiques sont tous nourris par le système en place qu’il faut réformer, mais les loups ne se mange pas entre eux.

  8. Rien à ajouter, c’est tellement évident !
    Mais en France on aime pas entendre les vérités qui dérangent…

  9. Oui,les syndicats dictent leur « loi » par la menace de trouble à l’ordre public. En principe les députés font la loi et pourraient donc désarmer ces syndicats au lieu de forcer les contribuables à les financer.
    Ces députés, même « à droite », n’osent pas résister parce que leurs électeurs, même ceux qui comprennent l’origine du désastre, redoutent une sorte de guerre civile.
    Le pouvoir est dans les urnes et tant que le peuple manquera d’esprit critique ou de courage rien ne changera. Je doute qu’on puisse le rééduquer en un an.

  10. Je ne comprends pas comment on peut plier devant des syndicats si peu représentatifs quand on a bousculé les gilets jaunes si nombreux

  11. 3 à 5 % , tous ou presque, davs ka public, ils sont nourris par nos impôts et contribuent à l’appauvrissement du pays avec leurs actions contre le travail. Ils nourrissent aussi l’assistanat en maintenant les salariés dans des revenus limités avec les entraves au temps de travail.
    Les syndaicats ont parfaitement compris que le capitalisme consiste en rapports de force, d’où les aggressinns récurrentes de la SNCF contre les français qui ne font que du racket.
    Qu ils vivent de leurs adhérents , comme les partis politiques …. Ça changera is donne

  12. Ils ont beaucoup trop peur de faire des réformes, peur d’une révolution, ou je ne sais pas quoi d’autres encore !! Ah si, les prochaines élections !!
    Et ces «  » »CES SYNDICATS » » » (SIC) SUBVENTIONNÉS DE SURCROÎT, CHERCHER L’ERREUR !!

  13. Comment faire pour réformer la France ? Très simple, le contribuable ne finance plus les syndicats. Pas besoin de loi pour ça. On ferme le robinet ! Avec la seule contribution de leurs adhérents les syndicats gagneront en crédibilité et en puissance. On verrait également moins de « bourricot » les représenter.

  14. J’ai été face aux syndicats dans une grande banque. Ce n’est pas une partie de plaisir. Chaque syndicat doit montrer qu’il est plus hargneux que les autres. Tout y passe. Les grands chefs subissent cela comme un marin une tornade : on attend que cela se passe. Cela donne aux syndicats l’impression de leur force.

  15. Tout à fait. Aucun financement et ou subventions. Seuls les adhérents doivent cotiser. Espérons que les syndicats feront tous faillite car ils n’apportent rien qui puisse aider la France à s’en sortir !

  16. Quand on sait ce qu’est devenu le rapport de le la commission d’enquête parlementaire sur le financement des syndicats en France, seul rapport de commission d’enquête à avoir, à ce jour, été censuré, je crains que vos espérances ne restent que des vœux pieux.

    L’intrication au sein de la politique des syndicats n’a pas seulement toujours été forte en France, elle ne fait que se renforcer, et la gauche qui les soutient (ou bénéficie de leur soutien) est et reste majoritaire dans le pays quoi qu’on en dise (les deux tiers de l’hémicycle, de LFI jusqu’à l’aile « sociale » des Républicains).

    Du reste, si les sujets de préoccupation légitimes et urgents sont nombreux en France pour la prochaine élection présidentielle (réformes de notre modèle social, libéralisation de l’économie, redressement de nos finances, politique énergétique, politique étrangère, lutte contre l’immigration et l’insécurité, redressement de notre modèle éducatif, etc.), il y a fort à parier qu’aucun d’entre eux n’y sera sérieusement abordé, la gauche détenant toujours le monopole de décider de ce dont il faut discuter ou non en France. Je gage que l’on y entendra donc surtout parler de l’urgence de la transition écologie, de taxation plus nécessaire que jamais des « super-riches »… et de lutte contre le fascisme, naturellement, c’est-à-dire tout ce qui se refusera à prendre part à ce discours.

    Sans vouloir être pessimiste, attendez-vous donc plutôt à une déception en 2027. D’ailleurs, pour ma part, cela fait dix ans que je prédis que l’année prochaine sera l’année de l’accession de Jean-Luc Mélenchon au pouvoir, maintenant qu’Emmanuel Macron ne sera plus là pour lui barrer la route.

  17. Parfaitement d’accord . Tout mettre à plat en commençant par les subventions ( 4 milliards ne se refusent pas) et limiter l’action des syndicats en définissant leur périmètre d’action . Il faudrait qu’ils comprennent que la meilleure défense des salariés est de défendre l’entreprise et de conjuguer avec et non de s’y opposer.

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