C’est la question que se sont posée des économistes de la direction générale du Trésor au ministère de l’Économie et des Finances. Et leur réponse est que « le Brexit a un effet négatif durable sur l’économie du Royaume-Uni ».
Dans leur note, Louis Adjiman et Benjamin Cabot ne tournent pas autour du pot : « Le Brexit a affecté l’économie britannique et érodé son potentiel de croissance via trois canaux principaux ».
Ils constatent d’abord que le rétablissement des barrières non tarifaires a affecté temporairement le commerce en biens du Royaume-Uni avec l’Union européenne. En revanche, « les échanges de services avec l’UE ont été plus durablement affectés, en particulier les services financiers et de transports ». Ensuite, Adjiman et Cabot notent que « l’investissement des entreprises a stagné depuis le vote de 2016, et ce dans la majorité des secteurs, après une période de forte croissance ». Au deuxième trimestre 2023, il était plus de 20% en-dessous du niveau qu’il aurait atteint s’il avait poursuivi la dynamique observée avant le Brexit. Certes la crise sanitaire est passée par-là, mais elle n’explique pas tout. Enfin, les deux auteurs soulignent que « les restrictions à l’emploi des ressortissants européens ont réduit l’offre de travail, alors que le marché de l’emploi est particulièrement tendu au Royaume-Uni ».
Julian Jessop, économiste à l’Institute for Economic Affairs (IEA), a une vision moins pessimiste de l’économie britannique. Dans un article paru sur le site GB News il y a quelques mois déjà, il met en avant, notamment, le traité bilatéral d’investissement signé avec Singapour, l’investissement de 700 millions d’euros réalisés par BMW dans ses usines anglaises pour y fabriquer des voitures électriques, ou encore les recommandations faites par BNP Paribas à ses clients de placer leur argent à la bourse britannique. Pour Julian Jessop, il faut encore attendre un peu pour voir les effets positifs du Brexit. Il en est persuadé, si le Royaume-Uni réforme des secteurs clés tels que les services financiers, s’il s’ouvre à de nouveaux marchés et s’il attire les investisseurs, c’est parce qu’il a quitté l’Union européenne. Pour lui, le Royaume-Uni post-Brexit n’est pas à la traîne.
Alors, qui a raison, la direction générale du Trésor ou l’IEA ? Peut-être bien ce dernier, la note d’Adjiman et Cabot ne reconnaît-elle pas que les autorités britanniques ont pris des mesures qui auront des conséquences positives à l’avenir ? Les deux auteurs citent la réforme du régime d’amortissement des investissements pour les entreprises, la réforme du système d’épargne retraite, le remplacement de l’immigration européenne par la non-européenne (Hong-Kong et Ukraine par exemple), et la mise en place d’accords commerciaux (Australie et Nouvelle-Zélande).
Mais tout cela pourrait être sans effet si les travaillistes arrivent au 10 Downing Street au second semestre comme le laissent croire les sondages. Ils prévoient plus de dépenses publiques et moins de flexibilité sur le marché du travail. Pas sûr que cela aide l’économie britannique.
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9 réponses
Cette étude de notre institution gouvernementale tombe à pic à la veille des élections européennes et l’IEA est sans doute moins polémiste sur ce sujet.
Le contexte international général (COVID, Ukraine…) rendrait intéressante une comparaison des mêmes critères en France…
Pour les verbes employés pronominalement : l’auxiliaire être est mis pour avoir et l’accord se fait comme si le verbe était conjugué avec avoir.
« C’est la question que se sont posée les économistes », c’est-à-dire « C’est la question qu’ont posée des économistes (à eux-mêmes) ». Ils ont posé quoi ? La question.
La question est complément d’objet direct. Il y a donc accord.
Tiens? Juste avant les élections on nous affirme que le Brexit est une catastrophe? Tout à fait discutable. Et de toute façon, vrai ou faux, les Britanniques sont à présent libres de faire ce qu’ils veulent, c’est leur affaire. Contrairement à nous qui sommes soumis au droit Européen.
Uniquement parce qu’on le veut bien.
Les Hongrois font toujours ce qu’ils veulent et ils font pourtant toujours partie de l’Union Européenne.
La faiblesse, voire la complicité de nos dirigeants ne doivent être imputées qu’à eux-mêmes.
Merci pour votre article, mais d’autres économistes, tels que Marc Touati, ou des journalistes politiques, donnent un autre analyse économique du Brexit, débouchant sur des perspectives plus optimistes pour l’économie Britannique que celles que semblent donner les deux économistes de la Direction du Trésor, cités (et indirectement rattachés à notre gouvernement). De ce que j’ai compris, après 3 ou 4 années plus difficiles, le plus dur serait passé pour les Britanniques et la dynamique de leur économie serait meilleure que celle de la France voir d’une bonne partie des pays de l’Europe; et selon certains, dopée par leurs relations avec des géants mondiaux en croissance. Qu’en pensez-vous ?
Merci pour votre commentaire. Si vous lisez bien, je laisse entendre que le plus difficile pourrait être passé pour l’économie britannique. Mais on peut se demander si les conservateurs ont fait suffisamment de réformes, s’ils ont vraiment profité du Brexit pour s’affranchir des réglementations européennes handicapantes. Surtout, il est à craindre que les travaillistes n’aggravent bientôt la situation…
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9 réponses
Cette étude de notre institution gouvernementale tombe à pic à la veille des élections européennes et l’IEA est sans doute moins polémiste sur ce sujet.
Le contexte international général (COVID, Ukraine…) rendrait intéressante une comparaison des mêmes critères en France…
C’est la question que se sont posée les …
ou ?
C’est la question que se sont posés les…
qui me donnera la bonne réponse ?
merci
Christian
Pour les verbes employés pronominalement : l’auxiliaire être est mis pour avoir et l’accord se fait comme si le verbe était conjugué avec avoir.
« C’est la question que se sont posée les économistes », c’est-à-dire « C’est la question qu’ont posée des économistes (à eux-mêmes) ». Ils ont posé quoi ? La question.
La question est complément d’objet direct. Il y a donc accord.
Merci infiniment, M. Carbon, de m’avoir éclairé sur ce point ;
il y a souvent plus d’exceptions que ce que prévoit la règle de base…
Christian
Tiens? Juste avant les élections on nous affirme que le Brexit est une catastrophe? Tout à fait discutable. Et de toute façon, vrai ou faux, les Britanniques sont à présent libres de faire ce qu’ils veulent, c’est leur affaire. Contrairement à nous qui sommes soumis au droit Européen.
Uniquement parce qu’on le veut bien.
Les Hongrois font toujours ce qu’ils veulent et ils font pourtant toujours partie de l’Union Européenne.
La faiblesse, voire la complicité de nos dirigeants ne doivent être imputées qu’à eux-mêmes.
Merci pour votre article, mais d’autres économistes, tels que Marc Touati, ou des journalistes politiques, donnent un autre analyse économique du Brexit, débouchant sur des perspectives plus optimistes pour l’économie Britannique que celles que semblent donner les deux économistes de la Direction du Trésor, cités (et indirectement rattachés à notre gouvernement). De ce que j’ai compris, après 3 ou 4 années plus difficiles, le plus dur serait passé pour les Britanniques et la dynamique de leur économie serait meilleure que celle de la France voir d’une bonne partie des pays de l’Europe; et selon certains, dopée par leurs relations avec des géants mondiaux en croissance. Qu’en pensez-vous ?
Merci pour votre commentaire. Si vous lisez bien, je laisse entendre que le plus difficile pourrait être passé pour l’économie britannique. Mais on peut se demander si les conservateurs ont fait suffisamment de réformes, s’ils ont vraiment profité du Brexit pour s’affranchir des réglementations européennes handicapantes. Surtout, il est à craindre que les travaillistes n’aggravent bientôt la situation…
Comment faisait-on AVANT l’usine à gaz de Bruxelles et sa technocratie bureaucratique et tyrannique ?