Il n’existe pas de transports gratuits. Dans un article pour l’IREF, Francesco Ramella, professeur à l’université de Turin, part de ce principe simple pour comparer le coût des différents modes de transport. Selon lui, ces coûts peuvent être classés en trois catégories : ceux liés à la construction, à l’entretien et à la gestion des infrastructures ; ceux liés à l’achat et à l’utilisation des véhicules ; et ceux résultant des externalités négatives comme le bruit, la pollution de l’air ou les accidents.
Si, à l’époque moderne, les infrastructures de transport étaient souvent construites et exploitées par des entreprises privées, leur développement et leur gestion sont aujourd’hui largement assurés par les États et les collectivités locales, à quelques exceptions près (certaines autoroutes ou grands aéroports).
Dans le transport routier, l’achat et l’entretien des véhicules sont à la charge des particuliers et des entreprises, même si des aides publiques ont parfois été versées. Par ailleurs, le secteur est fortement taxé. En Europe, les recettes fiscales liées à l’automobile atteignent près de 500 milliards d’euros par an et environ la moitié provient des taxes sur les carburants. Ces recettes sont bien supérieures aux dépenses consacrées aux transports. En Italie par exemple, les recettes fiscales liées aux véhicules atteignent 75 milliards d’euros par an, dont 60 milliards d’accises, alors que les dépenses pour les infrastructures routières restent inférieures à 20 milliards. Même chose dans le transport aérien et maritime : les usagers supportent globalement l’ensemble des coûts d’exploitation et des infrastructures.
La situation est très différente pour le rail et les transports publics. Les tarifs payés par les usagers ne couvrent jamais les coûts des infrastructures et ne financent qu’une partie des coûts d’exploitation. Pour les transports urbains et suburbains – métros, tramways et bus – les subventions couvrent les deux tiers. Les usagers ne paient l’intégralité des coûts que dans de rares cas (par exemple les services d’autobus dans les grandes agglomérations britanniques après la déréglementation de 1986). Au total, les subventions au secteur ferroviaire représentent 80 milliards d’euros par an en Europe. En France, elles sont passées de 12,9 milliards d’euros en 2014 à 21,2 milliards en 2023, dont 3,5 milliards pour financer le déficit du régime de retraite des cheminots.
Les pouvoirs publics justifient ces dépenses par des objectifs de croissance, de redistribution ou de protection de l’environnement. Pour Francesco Ramella, ces arguments ne tiennent pas. Les périodes de forte croissance en Europe occidentale ont coïncidé avec la marginalisation progressive du rail. Ensuite, beaucoup d’usagers du train sont loin d’être pauvres, tandis que de nombreux ménages modestes vivant en périphérie dépendent de la voiture, qui est fortement taxée. Quant à l’argument environnemental, le rail est certes moins polluant en moyenne que la voiture ou l’avion, mais cet avantage serait pertinent si les subventions entraînaient un transfert significatif de la demande vers le train. Or, la part de marché du train reste limitée à quelques points de pourcentage et rien n’indique qu’elle augmentera fortement. De plus, les progrès technologiques ont réduit les émissions polluantes des voitures et des camions depuis les années 1970.
Dans ces conditions, conclut Francesco Ramella, les subventions au rail ne sont ni équitables, ni efficaces.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
7 réponses
Excellente réflection. Bel exemple de ce que l’on peut faire quand l’intelligence montre sa force face à la bêtise du politicien moyen !
Le ferroviaire voyageur représente 10% de la mobilité quand le fret s effondre a 8%
Ces magnifiques résultats s obtiennent avec plus de 20 milliards de subventions
Mais peu importe c est l idéologie etatiste très pastèque qui porte le rail
« En Italie par exemple, les recettes fiscales liées aux véhicules atteignent 75 milliards d’euros par an, dont 60 milliards d’accises, alors que les dépenses pour les infrastructures routières restent inférieures à 20 milliards. »
C’est pareil en France. Ratio a peu près identique. Le rail, grand concurrent de la bagnole, assure environ 10 % des deplacements. Il peut se justifier en ville, pour éviter la congestion (mais la moto fait mieux) pas hors agglo. C’est un concurrent ruineux pour le contribuable.
Ce qui est amusant : c’est que l’usager préfère la voiture, lourdement taxée, au train, fortement subventionné. Malgré son handicap, la voiture finit la course bonne première.
Qu’on arrête de subventionner le billlet de train serait une bonne chose. Et plus encore qu’on en finisse une bonne fois pour toutes avec le train, reliquat d’un passé révolu !
1) L’abonnement mensuel au tramway angevin (gestionnaire: IRIGO) coûte 47 €; l’abonnement mensuel au Pass Navigo 5 zones (à partir de 62 € et SANS conditions de ressources) coûte 45 €: cherchez l’erreur …
2) Trevor Jackson a créé à Argenton-sur-Creuse (Indre) la société METALECTRIQUE; la DST lui a coulé sa boite; rapatrié en Angleterre, il a réalisé un prototype d’auto électrique sans lithium: autonomie 2.500 (deux mille cinq cents) kilomètres; prix de revient kilométrique: 0,07 € (sept centimes); temps de changement de la batterie: 90 secondes: cherchez l’erreur …
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
7 réponses
Excellente réflection. Bel exemple de ce que l’on peut faire quand l’intelligence montre sa force face à la bêtise du politicien moyen !
Le ferroviaire voyageur représente 10% de la mobilité quand le fret s effondre a 8%
Ces magnifiques résultats s obtiennent avec plus de 20 milliards de subventions
Mais peu importe c est l idéologie etatiste très pastèque qui porte le rail
Si le vehicule autonome voit le jour, un jour, c’en est fini du train !
Et le pouvoir de nuisance de la CGT et de Sud-Rail…
« En Italie par exemple, les recettes fiscales liées aux véhicules atteignent 75 milliards d’euros par an, dont 60 milliards d’accises, alors que les dépenses pour les infrastructures routières restent inférieures à 20 milliards. »
C’est pareil en France. Ratio a peu près identique. Le rail, grand concurrent de la bagnole, assure environ 10 % des deplacements. Il peut se justifier en ville, pour éviter la congestion (mais la moto fait mieux) pas hors agglo. C’est un concurrent ruineux pour le contribuable.
Ce qui est amusant : c’est que l’usager préfère la voiture, lourdement taxée, au train, fortement subventionné. Malgré son handicap, la voiture finit la course bonne première.
Qu’on arrête de subventionner le billlet de train serait une bonne chose. Et plus encore qu’on en finisse une bonne fois pour toutes avec le train, reliquat d’un passé révolu !
1) L’abonnement mensuel au tramway angevin (gestionnaire: IRIGO) coûte 47 €; l’abonnement mensuel au Pass Navigo 5 zones (à partir de 62 € et SANS conditions de ressources) coûte 45 €: cherchez l’erreur …
2) Trevor Jackson a créé à Argenton-sur-Creuse (Indre) la société METALECTRIQUE; la DST lui a coulé sa boite; rapatrié en Angleterre, il a réalisé un prototype d’auto électrique sans lithium: autonomie 2.500 (deux mille cinq cents) kilomètres; prix de revient kilométrique: 0,07 € (sept centimes); temps de changement de la batterie: 90 secondes: cherchez l’erreur …
Le pass navigo mensuel à Paris coûte 90.80 euros