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samedi 18 avril 2026

Qui paie – et qui devrait payer – les transports ?

Temps de lecture : 2 minutes

Il n’existe pas de transports gratuits. Dans un article pour l’IREF, Francesco Ramella, professeur à l’université de Turin, part de ce principe simple pour comparer le coût des différents modes de transport. Selon lui, ces coûts peuvent être classés en trois catégories : ceux liés à la construction, à l’entretien et à la gestion des infrastructures ; ceux liés à l’achat et à l’utilisation des véhicules ; et ceux résultant des externalités négatives comme le bruit, la pollution de l’air ou les accidents.

Si, à l’époque moderne, les infrastructures de transport étaient souvent construites et exploitées par des entreprises privées, leur développement et leur gestion sont aujourd’hui largement assurés par les États et les collectivités locales, à quelques exceptions près (certaines autoroutes ou grands aéroports).

Dans le transport routier, l’achat et l’entretien des véhicules sont à la charge des particuliers et des entreprises, même si des aides publiques ont parfois été versées. Par ailleurs, le secteur est fortement taxé. En Europe, les recettes fiscales liées à l’automobile atteignent près de 500 milliards d’euros par an et environ la moitié provient des taxes sur les carburants. Ces recettes sont bien supérieures aux dépenses consacrées aux transports. En Italie par exemple, les recettes fiscales liées aux véhicules atteignent 75 milliards d’euros par an, dont 60 milliards d’accises, alors que les dépenses pour les infrastructures routières restent inférieures à 20 milliards. Même chose dans le transport aérien et maritime : les usagers supportent globalement l’ensemble des coûts d’exploitation et des infrastructures.

La situation est très différente pour le rail et les transports publics. Les tarifs payés par les usagers ne couvrent jamais les coûts des infrastructures et ne financent qu’une partie des coûts d’exploitation. Pour les transports urbains et suburbains – métros, tramways et bus – les subventions couvrent les deux tiers. Les usagers ne paient l’intégralité des coûts que dans de rares cas (par exemple les services d’autobus dans les grandes agglomérations britanniques après la déréglementation de 1986). Au total, les subventions au secteur ferroviaire représentent 80 milliards d’euros par an en Europe. En France, elles sont passées de 12,9 milliards d’euros en 2014 à 21,2 milliards en 2023, dont 3,5 milliards pour financer le déficit du régime de retraite des cheminots.

Les pouvoirs publics justifient ces dépenses par des objectifs de croissance, de redistribution ou de protection de l’environnement. Pour Francesco Ramella, ces arguments ne tiennent pas. Les périodes de forte croissance en Europe occidentale ont coïncidé avec la marginalisation progressive du rail. Ensuite, beaucoup d’usagers du train sont loin d’être pauvres, tandis que de nombreux ménages modestes vivant en périphérie dépendent de la voiture, qui est fortement taxée. Quant à l’argument environnemental, le rail est certes moins polluant en moyenne que la voiture ou l’avion, mais cet avantage serait pertinent si les subventions entraînaient un transfert significatif de la demande vers le train. Or, la part de marché du train reste limitée à quelques points de pourcentage et rien n’indique qu’elle augmentera fortement. De plus, les progrès technologiques ont réduit les émissions polluantes des voitures et des camions depuis les années 1970.

Dans ces conditions, conclut Francesco Ramella, les subventions au rail ne sont ni équitables, ni efficaces.

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7 réponses

  1. Excellente réflection. Bel exemple de ce que l’on peut faire quand l’intelligence montre sa force face à la bêtise du politicien moyen !

  2. Le ferroviaire voyageur représente 10% de la mobilité quand le fret s effondre a 8%
    Ces magnifiques résultats s obtiennent avec plus de 20 milliards de subventions
    Mais peu importe c est l idéologie etatiste très pastèque qui porte le rail

  3. « En Italie par exemple, les recettes fiscales liées aux véhicules atteignent 75 milliards d’euros par an, dont 60 milliards d’accises, alors que les dépenses pour les infrastructures routières restent inférieures à 20 milliards. »

    C’est pareil en France. Ratio a peu près identique. Le rail, grand concurrent de la bagnole, assure environ 10 % des deplacements. Il peut se justifier en ville, pour éviter la congestion (mais la moto fait mieux) pas hors agglo. C’est un concurrent ruineux pour le contribuable.
    Ce qui est amusant : c’est que l’usager préfère la voiture, lourdement taxée, au train, fortement subventionné. Malgré son handicap, la voiture finit la course bonne première.
    Qu’on arrête de subventionner le billlet de train serait une bonne chose. Et plus encore qu’on en finisse une bonne fois pour toutes avec le train, reliquat d’un passé révolu !

  4. 1) L’abonnement mensuel au tramway angevin (gestionnaire: IRIGO) coûte 47 €; l’abonnement mensuel au Pass Navigo 5 zones (à partir de 62 € et SANS conditions de ressources) coûte 45 €: cherchez l’erreur …
    2) Trevor Jackson a créé à Argenton-sur-Creuse (Indre) la société METALECTRIQUE; la DST lui a coulé sa boite; rapatrié en Angleterre, il a réalisé un prototype d’auto électrique sans lithium: autonomie 2.500 (deux mille cinq cents) kilomètres; prix de revient kilométrique: 0,07 € (sept centimes); temps de changement de la batterie: 90 secondes: cherchez l’erreur …

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