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mercredi 13 mai 2026

Rigidité du marché du travail et accidents du travail :  la France est en tête du classement

Temps de lecture : < 1 minute

Ce mardi était la journée internationale de la sécurité et la santé au travail, instaurée en 2003 par l’agence de l’ONU spécialisée : l’Organisation internationale du travail. L’occasion de faire le point un peu partout dans le monde sur ce fléau, avec le traditionnel appel des syndicats à la mobilisation.

La France est mal classée parmi les pays riches, avec 1 297 décès liés au travail en 2024, chiffre qui englobe les maladies jugées d’origine professionnelle, dont 764 accidents du travail mortels, record récent, principalement liés à des malaises, des accidents de la route, l’utilisation d’équipements de travail ou engins dangereux ou encore à des chutes de hauteur. La France reste championne européenne de la mortalité au travail avec environ 3,6 décès pour 100 000 travailleurs vs 1,63 en moyenne dans l’Union, malgré un Code du travail ultra-dense, des cotisations AT-MP obligatoires, une inspection du travail, et des comités d’entreprises spécifiques obligatoires, CHSCT/CSE. Comme quoi la règlementation à outrance ne résout pas grand-chose.

La rigidité du marché du travail (coût du licenciement, complexité du CDI) encourage la sous-traitance et l’intérim, qui exposent davantage les profils jeunes/précaires. Le système de cotisations mutualisées manque d’incitations de marché réelles (bonus-malus individualisé insuffisant). L’approche bureaucratique et collective déresponsabilise employeurs et salariés.

Des pays plus flexibles, comme les Pays-Bas, ou l’Allemagne obtiennent de meilleurs résultats avec moins de règles centralisées. L’intérêt d’une vraie concurrence dans la prévention (assureurs privés, modulation forte des cotisations selon le risque réel de l’entreprise) et d’une responsabilisation individuelle (droit de retrait effectif, incitations fiscales pour la sécurité) semble évident au vu des résultats des pays de l’OCDE…

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4 réponses

  1. Concernant les AT, à mon travail (je suis aide soignant), une collègue est une spécialiste des AT « douteux ». Elle vient de nous en faire un récemment, sans aucun collègue témoin pour confirmer ses dires.
    Elle était tombee une autre fois non pas en travaillant, mais en se « chamaillant » avec un collègue. A l’aide de complices ayant fait un faux témoignage, c’est passé en AT.
    Peu de temps après, une collègue et moi avons dénoncé les faits à notre hiérarchie.
    Mais aucune suite n’a été donnée. .

  2. Très juste, mais il faut ajouter un élément important qui explique certainement que nous soyons au top du hit parade des accidents du travail : les avantages que le droit confère aux accidents déclarés comme « au travail ». L’employé a intérêt à déclarer ses accidents comme liés au travail, même s’il ne le sont pas, ce qui introduit un biais important. Ainsi comme chef d’entreprise, j’ai vu un employé déclarer un lundi matin une foulure au pied due à une chute dans un escalier de l’entreprise. J’ai appris par la suite, qu’il était arrivé au travail avec sa cheville enflée. Il était footballeur amateur et il s’était blessé la veille dans un match. Nos 4 000 pages de droit du travail sont faites pour protéger les employés contre les méchants patrons, et elles ont de multiples effets pervers.

  3. « la France reste championne européenne de la mortalité au travail » dont la plupart des victimes sont des hommes, soit dit en passant, ce qui explique qu’on en parle peu.
    Un record remarquable dans le pays d’Europe qui a connu la plus grande désindustrialisation ces dernières décennies et qui compte un pourcentage élevé de chômeurs !
    Célébrons donc la profusion de textes administratifs et réglementaires, de décrets , de décrets d’application, de lois, de projets de loi , d’arrêtés préfectoraux,…dont seule la multiplication permettra à la France de rester à l’avant garde du progrès. Gare aux contestataires de tous poils , des réactionnaires, qui s’affligeraient, par fanatisme , de ce leadership incontestable. Non mais…

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