Le Royaume-Uni s’enfonce dans la crise. Selon la dernière étude de l’OCDE, la croissance du pays ralentira, passant de 1,4 % en 2025 à 0,9 % en 2026, avant de n’atteindre que 1,1 % en 2027. Dans le même temps, l’inflation remonterait de 3,4 % en 2025 à 3,7 % en 2026, illustrant les difficultés persistantes de l’économie britannique.
L’organisation internationale identifie plusieurs faiblesses : des finances publiques sous tension, une croissance de la productivité atone, un investissement insuffisant et de profondes disparités économiques entre les régions. Selon Asa Johansson, directrice de la branche des études de politique économique et de la recherche de l’OCDE, « l’enjeu pour le Royaume-Uni est d’accélérer la croissance de sa productivité et de rehausser le niveau de vie de sa population, tout en conservant des finances publiques saines ».
La dette publique poursuit sa progression et devrait passer de 98,8 % du PIB en 2023 à 105,4 % en 2027. Le déficit public, lui, resterait supérieur à 4 % du PIB sur toute la période. Cette situation réduit fortement les marges de manœuvre budgétaires face aux futurs chocs économiques.
L’organisme souligne également que la pression fiscale est déjà à un niveau historiquement élevé. Le Royaume-Uni ne pourra pas durablement redresser ses comptes en augmentant les impôts. L’OCDE estime que le rétablissement des finances publiques devra principalement passer par une meilleure maîtrise des dépenses, des gains d’efficacité dans les services publics et des réformes.
Les dépenses de retraite, de santé et d’invalidité constituent notamment une source majeure de préoccupation. Le système britannique de revalorisation automatique des pensions, le triple lock, est jugé trop coûteux et insuffisamment soutenable à long terme. L’OCDE appelle à sa réforme afin de limiter les risques pesant sur les finances publiques.
Le système fiscal lui-même est également pointé du doigt. Les niches fiscales représentent près de 7 % du PIB, sans être systématiquement évaluées. L’organisation recommande de supprimer progressivement les dispositifs les moins efficaces afin d’élargir l’assiette fiscale plutôt que d’alourdir encore les taux d’imposition.
Au-delà des finances publiques, c’est le modèle économique britannique qui semble s’essouffler. Depuis le milieu des années 2010, la productivité progresse faiblement, l’investissement privé reste insuffisant et les barrières commerciales apparues après la sortie du marché unique européen continuent de peser sur les échanges. Les écarts de richesse entre Londres et le reste du pays demeurent importants, tandis que la participation au marché du travail recule sous l’effet d’une hausse des inactifs pour raisons de santé.
Pour l’OCDE, la réponse passe par un vaste programme de réformes : accélérer les investissements, améliorer les infrastructures, réduire les obstacles au commerce, renforcer les incitations au travail et accroître la productivité. Faute de telles réformes, le Royaume-Uni risque de s’installer durablement dans un régime de faible croissance. L’image d’une économie britannique particulièrement dynamique apparaît aujourd’hui sérieusement écornée.
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