Dans une tribune publiée dans La Tribune Dimanche, Éric Ciotti, maire de Nice et président de l’UDR, a dénoncé cette vieille recette qui consiste à combler les déficits en taxant toujours davantage ceux qui travaillent. Notre modèle social (que l’on devrait d’ailleurs appeler modèle fiscal) « ne peut être financé durablement par l’appauvrissement de ceux qui le font vivre ». La France souffre d’un coût du travail parmi les plus élevés des pays développés : pour 100 euros de coût du travail d’un salarié célibataire au salaire moyen, les impôts et cotisations représentaient 47,2 euros en 2025 (35,1 euros dans l’OCDE).
Pour M. Ciotti, la France ne manque pas de recettes, mais de discipline budgétaire. Nous pourrions toutefois aller plus loin dans le raisonnement : le problème de la Sécurité sociale ne tient pas seulement à son coût ; il tient aussi à son organisation monopolistique.
Nous l’avons souligné dans nos colonnes : la privatisation des assurances sociales est une piste sérieuse, et même urgente. La Suisse et les Pays-Bas montrent qu’une assurance maladie (certes, obligatoire) peut parfaitement être confiée à des organismes privés mis en concurrence. L’État fixe les règles de couverture et garantit les mécanismes de solidarité ; les assureurs, eux, doivent convaincre leurs clients et maîtriser leurs dépenses. La concurrence permet ainsi de sortir de la logique d’un système où les déficits sont inlassablement épongés par les contribuables et les cotisants.
Car c’est bien là le paradoxe français : on réclame toujours plus d’argent aux salariés et aux employeurs pour maintenir à flot une institution qui échappe largement aux mécanismes de responsabilité et de concurrence. Tant que la Sécurité sociale restera en situation de monopole et pourra compter sur la « solidarité » fiscale (laquelle n’existe pas, puisqu’elle repose sur l’impôt et donc sur la contrainte) pour combler ses déficits, les réformes resteront essentiellement cosmétiques.
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