Les décideurs politiques n’ont toujours pas compris que hausse de fiscalité signifie fuite des entrepreneurs et baisse des rentrées fiscales pour l’Etat. Voici quelques preuves.
L’IREF-Contrepoints ne cesse de rappeler la fameuse courbe de l’économiste Arthur Laffer qui montre qu’une augmentation de la pression fiscale conduit à une baisse des recettes de l’État, car la hausse du taux de l’impôt est plus que contrebalancée par la réduction de son assiette. Trop de taxes incitent les agents économiques à moins travailler ou à émigrer dans des environnements moins taxés. C’est une leçon que les politiques en général ne parviennent pas à assimiler. A moins qu’ils ne le veuillent pas. La France n’est pas le seul pays à souffrir de ce blocage.
Au Royaume-Uni, les riches… filent à l’anglaise !
Un exemple très récent nous vient du Royaume-Uni. Selon les données de l’Office for National Statistics dévoilées il y a quelques jours, le pays enregistre le solde migratoire le plus bas depuis la pandémie : 171 000 personnes. C’est une bonne nouvelle pour ceux qui soutiennent une politique de l’immigration plus stricte. Mais ce solde concerne aussi les départs de Britanniques. Si leur nombre s’est maintenu à environ 250 000 par an ces dernières années, celui des retours au pays diminue sensiblement. Il est tombé à 110 000 l’année dernière, contre jusqu’à 170 000 par an auparavant. Aujourd’hui, selon le Wall Street Journal, ce sont les jeunes actifs et les entrepreneurs qui s’installent à l’étranger pour bénéficier d’une fiscalité avantageuse, et ils ne reviennent pas très vite. Ils ne sont pas les seuls. Le classement annuel des plus grandes fortunes britanniques, publié tout récemment par le Sunday Times de Londres, a révélé un véritable exode. Une personne sur six figurant sur la liste il y a deux ans est partie à l’étranger et 111 des 350 citoyens recensés vivent dans des pays plus cléments fiscalement. Pourquoi ces départs ? C’est très simple. Depuis l’automne 2024, les principaux taux d’imposition des plus-values sont passés de 10 à 18 % pour les contribuables à taux de base, et de 20 à 24 % pour les contribuables à taux plus élevé. De plus, divers abattements accordés précédemment ont été considérablement réduits. Et ce n’est pas fini : il y une semaine, Wes Streeting, ancien ministre de la Santé, qui espère bien succéder à Keir Starmer comme Premier ministre, a proposé un nouvel impôt sur la fortune, sous la forme d’une augmentation du taux d’imposition des plus-values, aligné sur celui de l’impôt sur le revenu. Ce taux peut atteindre 45 % pour toute personne gagnant plus de 125 140 £. Sauve qui peut ! Si le pays le suivait dans cette voie, il risquerait de connaître le même exode fiscal qu’a subi la France dans les années 1980.
L’Etat irlandais taxe deux fois moins les entreprises que la France mais encaisse presque deux fois plus
Un autre exemple, a contrario celui-là, est donné par l’Irlande, pays où le taux de prélèvements obligatoires est le plus bas de l’Union européenne, à 22,4% du PIB, plus deux fois inférieur à celui de la France. En 2025, les recettes fiscales y ont atteint 105,7 milliards d’euros, soit une progression de 8,6 milliards (+8,9 %) par rapport à 2024. Dans le détail, l’impôt sur le revenu a rapporté 36,6 milliards d’euros. Mais ce qui nous intéresse le plus c’est l’impôt sur les sociétés. Il a, lui, généré 32,9 milliards d’euros (5.4 % du PIB), alors que son taux est l’un des plus bas d’Europe, à seulement 12,5 %. En France, les recettes de l’IS ne représentent que 2.9 % du PIB alors que le taux d’imposition est à 25 % !
En France, la surtaxation et la surimposition ne remplissent pas les caisses de l’Etat
La France, la grande championne de la fiscalité, parlons-en maintenant. En 2024, malgré les surtaxes d’impôts (surtaxe d’impôt sur les sociétés et contribution exceptionnelle des plus aisés), Bruno Le Maire a reconnu qu’il manquait 7,8 milliards d’euros (Md€) de recettes par rapport aux prévisions : -4,4 Md€ pour l’impôt sur les sociétés, -1,4 Md€ pour la TVA et -1,4 Md€ pour l’impôt sur le revenu. Mais il s’est bien gardé d’incriminer en quoi que ce soit la pression fiscale. Un an après, Bercy a eu la même surprise avec la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Cet impôt, instauré par le gouvernement Barnier et maintenu par celui de Bayrou, qui s’ajoute à l’impôt sur le revenu pour les contribuables (célibataires) dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € (500 000 € pour un couple), vise à assurer une imposition minimale de 20%. Il devait rapporter 2 Md€. En réalité, son rendement n’a été que de… 400 millions d’euros. Rappelons aussi la fameuse taxe sur les yachts. Une grande trouvaille qui devait rapporter entre 10 et 20 millions d’euros par an. En réalité, le montant total recouvré n’a été que « de 60 000 euros en 2022, 135 000 euros en 2023 et 60 000 euros en 2024.
Moins on taxe, plus les rentrées fiscales augmentent. Plus on taxe, moins l’Etat encaisse et plus les acteurs économiques souffrent. La preuve a beau être faite, et évidente, nos politiques s’obstinent. C’est ce qu’on appelle la passion égalitariste, elle est absurde, aveugle et contreproductive, mais c’est la France…
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