Le 20 décembre 2025, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, entend signer l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Mais la France, aux côtés de l’Italie, continue de faire barrage. Pourtant, alors que le secteur progresse globalement en Europe, la France décroche. Cela devrait nous alarmer.
Selon Eurostat, entre 2009 et 2024, le revenu réel agricole par unité de travail (mesure de la productivité) a augmenté de 93,6 % au sein de l’Union européenne, soit une hausse moyenne de 4,5 % par an. En 2024, la productivité agricole a progressé dans 19 pays, bien que le volume de travail ait baissé de 32,3% du volume de travail. L’UE a ainsi produit près de 258 millions de tonnes de céréales, 162 millions de tonnes de lait et 21 millions de tonnes de viande porcine, tout en enregistrant un excédent commercial agroalimentaire de 36 milliards d’euros, avec 226 milliards d’exportations contre 190 milliards d’importations. Par ailleurs, l’agriculture représente 1,2 % du PIB européen, en hausse de 0,1 point depuis 2009.
Dans ce contexte européen plutôt positif, la France se distingue par un net ralentissement. En 2024, son revenu agricole par unité de travail a chuté de 19,1 %, la plus forte baisse parmi les pays européens. Pendant la période 2009-2024, sa progression moyenne annuelle n’atteint que 2 %, contre 4,5 % pour l’ensemble de l’UE, et plus de 5,5 % pour des pays comme la Pologne, la Hongrie, le Danemark, la Lettonie, la Bulgarie ou la Slovaquie. La France perd également du terrain dans la valeur ajoutée agricole européenne : sa part a reculé de 4,1 points de pourcentage entre 2009 et 2024, la plus forte baisse du continent, suivie par l’Italie (-1,9 point). Et comme le soulignait récemment Contrepoints, l’excédent commercial agroalimentaire français s’effondre : pendant les premiers mois de l’année 2025, il a chuté de près de 93 % par rapport à la même période l’année dernière.
Ce décrochage ne tient ni à un manque de potentiel, ni à une marginalisation de la France car le pays reste le premier d’Europe en surface agricole (27,4 millions d’hectares, soit 17,4 % de la surface agricole européenne) et, malgré sa chute récente, représente encore 13,6 % de la valeur ajoutée agricole de l’UE. Il est principalement dû à une réglementation trop lourde, qui freine ses capacités de production face à des concurrents internationaux aux règles plus souples.
C’est dans ce contexte que l’accord UE-Mercosur prend tout son sens. Souvent réduit à un échange « viandes contre voitures », il offrirait en réalité des débouchés significatifs pour les exportations agricoles européennes, y compris françaises. Des quotas et clauses de sauvegarde stricts ont été négociés pour encadrer les importations sud-américaines, notamment sur la viande bovine, la volaille, le sucre, l’éthanol industriel et le riz. En bloquant cet accord, la France isolerait son agriculture et risquerait, par effet ricochet, de l’appauvrir encore davantage.
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15 réponses
Je veux bien croire aux vertus du libre échange mais ce n’est pas parce que des critères stricts encadrent cet accord qu’ils seront respectés.
Il est consternant de voir à quel point l’économie francaise en est réduite à régresser et il faut vraiment être un apparatchik convaincu pour faire mine de l’ignorer. Il est probable que les agriculteurs français travaillent plus que ceux d’autres pays européens, dont la productivité s’améliore régulièrement, pour un salaire inférieur, ce qui temoigne que l’organisation de travail qu’on leur impose est contre-productive et inefficace au plan économique donc socialiste.
Il y a fort à parier que, dans de nombreux pays européens, on s’est préparé à l’entrée en vigueur du Mercosur en y associant un grand nombre de représentants de la profession, comme en témoigneront les chiffres annuels d’exportations de produits agricoles de certains pays européens vers l’Amérique latine.
Si nous acceptons de partir des réalités du champ et en prenant par exemple l’exemple de l’évolution de l’industrie française depuis une trentaine d’années, les prochaines années seront décisives pour les agriculteurs français dont une bonne partie seront d’ailleurs retraités en 2035.
Le libre échange ne peut être profitable pour ce secteur de moins en moins productif que s’il s’y est PRÉPARÉ intelligemment avec l’aide indispensable c’est à dire un soutien implicite des ministères concernés : aides notamment fiscales pour l’agrandissement raisonné des surfaces par exploitation, la baisse du nombre d’exploitations pour affronter la concurrence, la mise en place de vrais groupes de pression professionnels afin d’intervenir sur la fixation des prix de vente des animaux et produits, l’intervention des autorités européennes sous la pression des états membres pour refuser l’import de viandes saturées d’hormones, parfois cancérigènes, la baisse impérative des coûts de production en allégeant nettement le carcan des diktats réglementaires qui permettent par exemple aux agents de l’ofb de mettre des amendes aux travailleurs qui sont souvent contrevenants sans le savoir.
Tout un travail de concertation et de CO- GESTION entre un État dispendieux représenté par des bureaucrates protégés par un anonymat (courageux à leurs yeux) et des agriculteurs surexposées mais économes, qui aurait pû être effectué il y a belle lurette et qui doit être maintenant réalisé en urgence .
A défaut et principalement du fait de l’inaction des fonctionnaires en poste au ministère de l’agriculture, le nombre de drames humains s’accroitra sensiblement, de nombreux territoires connaîtront une désertification accrue avec de nouvelles jachères, les confiscations de propriétés privées débuteront et le pays subira un affaissement économique supplémentaire, un de plus.
Jusqu’à quand la gabegie honteuse, l’ignorance crasse, les enfumages par gaz lacrymogènes de manifestants désarmés parfois en shorts à partir d’hélicoptères militaires, les ententes occultes entre gens bien nés et la descente de l’ascenseur hexagonal au sous-sol alors que ceux des pays concurrents qui s’élèvent eux ont déjà croisés le nôtre ?
Une démocratie libérale, vraiment ?
» l’intervention des autorités européennes sous la pression des états membres pour refuser l’import de viandes saturées d’hormones »
Pour pouvoir exporter en UE, il faut que le pays (par ex, le Brésil), puisse garantir l’absence de ce genre de traitement. La traçabilité défaillante de la filière bovine au Brésil a mis à l’arrêt ses exportations vers l’UE, ce pays étant incapable de prouver que des bovins n’avaient pas eu des traitements hormonaux (mais ils y travaillent).
Le Canada , via le CETA a abandonné toute velléité d’exporter de la viande bovine vers l’UE, estimant que le jeu n’en valait pas la chandelle, tant nos normes étaient trop contraignantes pour eux.
A l’inverse, les US refusent de voir débarquer nos fromages au lait cru car c’est contraire à leur réglementation.
Bref, les accords commerciaux, c’est une chose, leurs applications, une autre.
Je ne sais pas si vous avez des compétences professionnelles dans le secteur agricole mais votre article me semble bien argumenté. Je ne connais pas beaucoup le sujet mais je le suis dans l’actualité depuis 40 ans environ. J’ai tout de même l’impression que nous avons du mal à fixer une stratégie partagée de ce que devrait être l’agriculture dans l’avenir. Comment harmoniser productivité et exploitation respectueuse de la nature, des animaux,…, des paysans,… ? A partir de cette stratégie, il serait plus facile de déterminer ce qui est acceptable ou non comme modèle économique.
Il semble qu’il y ait une contradiction inexpliquée par cet article.
La productivité agricole croît dans d’autres pays cités et qui sont soumis à la PAC. Elle décroît en France. L’article évoque la réglementation. Faut-il comprendre qu’il s’agit de réglementation française ?
« Mais il met en lumière un secteur freiné par une réglementation lourde, qui limite la capacité à améliorer sa productivité face à des concurrents internationaux aux règles plus souples. »
Je ne comprends pas, cette réglementation lourde ne s’applique t-elle pas aux autres pays européens, dont vous dites qu’ils produisent mieux ? Est ce à dire que sous la pression de nos khmers verts la réglementation française. est encore plus exigeante envers notre agriculture ? Il faudrait le dire clairement non ?
En gros oui. Il y a la bureaucratie de Bruxelles et celle de la France. Mais c’est pareil pour le reste. Pour les souverainstes comme de Villier ou Philipot, Bruxelles est le grand bouc émissaire des problèmes français alors que d’autres pays qui ont les mêmes règlements européens s’en sortent bien.
Dire que la France était, il y a encore peu, le 2ème exportateur mondial derrière les USA, mais de nos jours elle importe plus qu’elle n’exporte. Une grande félicitation à nos politiciens et aux écologistes qui, après avoir saboté l’industrie, ont réussi également à démolir ce secteur. A la grande satisfaction des Hollandais et des Allemands qui nous ont dépassés!
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15 réponses
Je veux bien croire aux vertus du libre échange mais ce n’est pas parce que des critères stricts encadrent cet accord qu’ils seront respectés.
L’accord Mercosur permet mais n’oblige pas .
Il est consternant de voir à quel point l’économie francaise en est réduite à régresser et il faut vraiment être un apparatchik convaincu pour faire mine de l’ignorer. Il est probable que les agriculteurs français travaillent plus que ceux d’autres pays européens, dont la productivité s’améliore régulièrement, pour un salaire inférieur, ce qui temoigne que l’organisation de travail qu’on leur impose est contre-productive et inefficace au plan économique donc socialiste.
Il y a fort à parier que, dans de nombreux pays européens, on s’est préparé à l’entrée en vigueur du Mercosur en y associant un grand nombre de représentants de la profession, comme en témoigneront les chiffres annuels d’exportations de produits agricoles de certains pays européens vers l’Amérique latine.
Si nous acceptons de partir des réalités du champ et en prenant par exemple l’exemple de l’évolution de l’industrie française depuis une trentaine d’années, les prochaines années seront décisives pour les agriculteurs français dont une bonne partie seront d’ailleurs retraités en 2035.
Le libre échange ne peut être profitable pour ce secteur de moins en moins productif que s’il s’y est PRÉPARÉ intelligemment avec l’aide indispensable c’est à dire un soutien implicite des ministères concernés : aides notamment fiscales pour l’agrandissement raisonné des surfaces par exploitation, la baisse du nombre d’exploitations pour affronter la concurrence, la mise en place de vrais groupes de pression professionnels afin d’intervenir sur la fixation des prix de vente des animaux et produits, l’intervention des autorités européennes sous la pression des états membres pour refuser l’import de viandes saturées d’hormones, parfois cancérigènes, la baisse impérative des coûts de production en allégeant nettement le carcan des diktats réglementaires qui permettent par exemple aux agents de l’ofb de mettre des amendes aux travailleurs qui sont souvent contrevenants sans le savoir.
Tout un travail de concertation et de CO- GESTION entre un État dispendieux représenté par des bureaucrates protégés par un anonymat (courageux à leurs yeux) et des agriculteurs surexposées mais économes, qui aurait pû être effectué il y a belle lurette et qui doit être maintenant réalisé en urgence .
A défaut et principalement du fait de l’inaction des fonctionnaires en poste au ministère de l’agriculture, le nombre de drames humains s’accroitra sensiblement, de nombreux territoires connaîtront une désertification accrue avec de nouvelles jachères, les confiscations de propriétés privées débuteront et le pays subira un affaissement économique supplémentaire, un de plus.
Jusqu’à quand la gabegie honteuse, l’ignorance crasse, les enfumages par gaz lacrymogènes de manifestants désarmés parfois en shorts à partir d’hélicoptères militaires, les ententes occultes entre gens bien nés et la descente de l’ascenseur hexagonal au sous-sol alors que ceux des pays concurrents qui s’élèvent eux ont déjà croisés le nôtre ?
Une démocratie libérale, vraiment ?
» l’intervention des autorités européennes sous la pression des états membres pour refuser l’import de viandes saturées d’hormones »
Pour pouvoir exporter en UE, il faut que le pays (par ex, le Brésil), puisse garantir l’absence de ce genre de traitement. La traçabilité défaillante de la filière bovine au Brésil a mis à l’arrêt ses exportations vers l’UE, ce pays étant incapable de prouver que des bovins n’avaient pas eu des traitements hormonaux (mais ils y travaillent).
Le Canada , via le CETA a abandonné toute velléité d’exporter de la viande bovine vers l’UE, estimant que le jeu n’en valait pas la chandelle, tant nos normes étaient trop contraignantes pour eux.
A l’inverse, les US refusent de voir débarquer nos fromages au lait cru car c’est contraire à leur réglementation.
Bref, les accords commerciaux, c’est une chose, leurs applications, une autre.
Je ne sais pas si vous avez des compétences professionnelles dans le secteur agricole mais votre article me semble bien argumenté. Je ne connais pas beaucoup le sujet mais je le suis dans l’actualité depuis 40 ans environ. J’ai tout de même l’impression que nous avons du mal à fixer une stratégie partagée de ce que devrait être l’agriculture dans l’avenir. Comment harmoniser productivité et exploitation respectueuse de la nature, des animaux,…, des paysans,… ? A partir de cette stratégie, il serait plus facile de déterminer ce qui est acceptable ou non comme modèle économique.
Merci_beaucoup pour vos enfumages!!!!
Il semble qu’il y ait une contradiction inexpliquée par cet article.
La productivité agricole croît dans d’autres pays cités et qui sont soumis à la PAC. Elle décroît en France. L’article évoque la réglementation. Faut-il comprendre qu’il s’agit de réglementation française ?
oui, surtransposition classique.
Un héritage de Méline sans doute.
« Mais il met en lumière un secteur freiné par une réglementation lourde, qui limite la capacité à améliorer sa productivité face à des concurrents internationaux aux règles plus souples. »
Je ne comprends pas, cette réglementation lourde ne s’applique t-elle pas aux autres pays européens, dont vous dites qu’ils produisent mieux ? Est ce à dire que sous la pression de nos khmers verts la réglementation française. est encore plus exigeante envers notre agriculture ? Il faudrait le dire clairement non ?
merci beaucoup pour ces informations
Mme v d Leyen est une ambitieuse qui délaisse ses enfants pour la politique. Un désastre pour les enfants…etpour nous.
Encore un souverainiste misogyne!!!!!
En gros oui. Il y a la bureaucratie de Bruxelles et celle de la France. Mais c’est pareil pour le reste. Pour les souverainstes comme de Villier ou Philipot, Bruxelles est le grand bouc émissaire des problèmes français alors que d’autres pays qui ont les mêmes règlements européens s’en sortent bien.
L’accord Mercosur permet mais n’oblige pas .
Dire que la France était, il y a encore peu, le 2ème exportateur mondial derrière les USA, mais de nos jours elle importe plus qu’elle n’exporte. Une grande félicitation à nos politiciens et aux écologistes qui, après avoir saboté l’industrie, ont réussi également à démolir ce secteur. A la grande satisfaction des Hollandais et des Allemands qui nous ont dépassés!