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jeudi 22 octobre 2026

Budget Lecornu : plus 42 milliards de dépenses et plus 6 800 fonctionnaires d’État

Temps de lecture : 2 minutes

Il y a quelques jours, nous écrivions ici que les 54 milliards annoncés par Sébastien Lecornu ne correspondaient à aucune réduction réelle de la dépense, mais à l’écart entre un objectif de déficit et une trajectoire dite « tendancielle ». Le dossier officiel confirme le procédé et le chiffre : il y a 43 milliards d’euros de mesures nouvelles, « pour un effort total de redressement des comptes de 54 milliards » qui intègre les décisions de l’an dernier.

Le tableau de programmation des finances publiques annexé au projet de loi donne deux lignes qu’il suffit de multiplier. Le PIB passe de 3 051 à 3 135 milliards d’euros ; les dépenses publiques hors crédits d’impôt passent de 57,1 % à 56,9 % du PIB. La dépense publique passe donc de 1 742 à 1 784 milliards d’euros : 42 milliards de plus. Le ratio recule bien de deux dixièmes de point, mais par le seul effet du dénominateur. Le même tableau indique d’ailleurs un taux de croissance des dépenses publiques de + 0,6 % en volume : après inflation, l’État dépensera davantage.

La décomposition officielle confirme l’opération au milliard près. La dépense, hors charge de la dette, passe de 1 662,5 à 1 691,0 milliards, soit 28,5 milliards de plus. Et la charge de la dette de l’État passe de 59,3 à 72,9 milliards, soit 13,6 milliards de plus. Vingt-huit et demi plus treize et demi : quarante-deux.

Le déficit public passe de 5,4 % à 5,0 % du PIB, soit une amélioration de quatre dixièmes de point : 12,5 milliards d’euros. La seule progression de la charge de la dette, 13,6 milliards, dépasse donc la totalité de la réduction du déficit. Le plus gros effort budgétaire annoncé depuis des années ne finance pas des services publics : il finance les intérêts de la dette accumulée faute d’avoir fait cet effort plus tôt.

Le tableau des emplois est révélateur. L’État créera l’an prochain 8 025 postes en équivalents temps plein. Ses opérateurs (agences et établissements publics) en supprimeront 1 209. Le solde est donc de 6 816 créations nettes pour l’État et ses opérateurs.  C’est, à quelques dizaines de postes près, le même procédé et le même résultat que l’an dernier.

Reste la vraie contrainte, que le dossier ne cache pas : la dette publique atteindra 121,7 % du PIB en 2027, contre 115,7 % en 2025. Pour ramener le déficit sous 3 % en 2029, il faudrait gagner plus de deux points de PIB en deux ans. Ce budget en obtient 0,4, en augmentant la dépense de 42 milliards, les prélèvements de 0,3 point de PIB et les effectifs de l’État de près de sept mille. Tant que l’on appellera économie le fait de dépenser plus lentement, la dette continuera de croître.

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12 réponses

  1. On continue avec les mêmes recettes qui nous ont conduit dans cette difficile situation
    Cette acharnement thérapeutique exacerbe les problèmes car la calinotherapie endort délicieusement le patient jusqu a son réveil en sursaut avec la gueuledebois

  2. Quelle légitimité de compétence permet au « juriste » Lecornu de bâtir un budget pour le pays… ?
    Aucune.
    Confiriez vous le pilotage d’un airbus à un avocat?

  3. Merci pour ces chiffres détaillés.
    Je reste dans ma déprime, ceci dit je ne m’attendais pas à en sortir.

  4. Ça fait des années que ce sont des nuls qui gèrent la France et surtout son budget…. On a pléthore de fonctionnaires donc beaucoup ne servent pas à grand chose et en plus ça ne fonctionne même pas comme il faut. Les autres pays en ont moins et fonctionnent mieux… la France est devenu un pays de l’Est des années 70 : c’est la gauche qui mène la danse et aucune réforme sérieuse qui les froisserait ne sera faite … car en face ils ont peur…

    1. J’ai hâte… Plus on attend, plus dure sera la chute. Mais au contraire des Grecs, nous ne sommes pas un peuple soudé, qui ne fera « qu’un » derrière le pays le jour venu…

  5. Nous ne pouvons qu’être atterré par autant d’hypocrisie , de mensonges , de nullité et d’irresponsabilité. Monsieur Le corps nu ne vaut pas plus cher que monsieur Mac Rond et s’entourent de Less Cure et autres incapables tous persuadés qu’ils sont de détenir la vérité. Le seul inconvénient est qu’ils n’ont jamais vu une entreprise jamais construit un plan de croissance , un plan d’investissement ni même une gestion de trésorerie. La France est devenue le plus mauvais élève des pays de l’OCDE et Macron et ses serviteurs veulent en même temps donner des leçons ?

  6. C’est absolument sidérant de constater qu’ils ne sont pas capables de dégager des économies substantielles alors qu’il suffit de regarder la réalité pour en identifier des milliards ; l’IREF a d’ailleurs estimé les économies possibles à 210 milliards par an (sauf erreur de ma part).

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