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jeudi 1 octobre 2026

Budget Lecornu : plus 42 milliards de dépenses et plus 6 800 fonctionnaires d’État

Temps de lecture : 2 minutes

Il y a quelques jours, nous écrivions ici que les 54 milliards annoncés par Sébastien Lecornu ne correspondaient à aucune réduction réelle de la dépense, mais à l’écart entre un objectif de déficit et une trajectoire dite « tendancielle ». Le dossier officiel confirme le procédé et le chiffre : il y a 43 milliards d’euros de mesures nouvelles, « pour un effort total de redressement des comptes de 54 milliards » qui intègre les décisions de l’an dernier.

Le tableau de programmation des finances publiques annexé au projet de loi donne deux lignes qu’il suffit de multiplier. Le PIB passe de 3 051 à 3 135 milliards d’euros ; les dépenses publiques hors crédits d’impôt passent de 57,1 % à 56,9 % du PIB. La dépense publique passe donc de 1 742 à 1 784 milliards d’euros : 42 milliards de plus. Le ratio recule bien de deux dixièmes de point, mais par le seul effet du dénominateur. Le même tableau indique d’ailleurs un taux de croissance des dépenses publiques de + 0,6 % en volume : après inflation, l’État dépensera davantage.

La décomposition officielle confirme l’opération au milliard près. La dépense, hors charge de la dette, passe de 1 662,5 à 1 691,0 milliards, soit 28,5 milliards de plus. Et la charge de la dette de l’État passe de 59,3 à 72,9 milliards, soit 13,6 milliards de plus. Vingt-huit et demi plus treize et demi : quarante-deux.

Le déficit public passe de 5,4 % à 5,0 % du PIB, soit une amélioration de quatre dixièmes de point : 12,5 milliards d’euros. La seule progression de la charge de la dette, 13,6 milliards, dépasse donc la totalité de la réduction du déficit. Le plus gros effort budgétaire annoncé depuis des années ne finance pas des services publics : il finance les intérêts de la dette accumulée faute d’avoir fait cet effort plus tôt.

Le tableau des emplois est révélateur. L’État créera l’an prochain 8 025 postes en équivalents temps plein. Ses opérateurs (agences et établissements publics) en supprimeront 1 209. Le solde est donc de 6 816 créations nettes pour l’État et ses opérateurs.  C’est, à quelques dizaines de postes près, le même procédé et le même résultat que l’an dernier.

Reste la vraie contrainte, que le dossier ne cache pas : la dette publique atteindra 121,7 % du PIB en 2027, contre 115,7 % en 2025. Pour ramener le déficit sous 3 % en 2029, il faudrait gagner plus de deux points de PIB en deux ans. Ce budget en obtient 0,4, en augmentant la dépense de 42 milliards, les prélèvements de 0,3 point de PIB et les effectifs de l’État de près de sept mille. Tant que l’on appellera économie le fait de dépenser plus lentement, la dette continuera de croître.

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