Journal d'actualité libéral
|
lundi 21 septembre 2026

De plus en plus de frontaliers s’installent en France pour profiter de son niveau de vie en berne

Temps de lecture : 2 minutes

La France attire de plus en plus de frontaliers. Le nombre d’actifs venant d’un pays voisin pour s’établir en France a, en effet, progressé de 17% entre 2015 et 2021. Ce sont les nouveaux arrivants en provenance du Luxembourg qui ont le plus augmenté annuellement (+71%), suivis de ceux venant de Belgique (+18%), d’Allemagne (+11%) et de Suisse (+8%).

La plupart (70%) sont des travailleurs frontaliers, c’est-à-dire qu’ils résident en France tout en continuant à travailler de l’autre côté de la frontière, exception faite des personnes en provenance de Belgique qui ne sont que 37% à travailler en Belgique pour 40% travaillant en France. Les nouveaux résidants en provenance d’Allemagne travaillent à 57% dans ce pays. Pour ceux venant du Luxembourg et de Suisse, les proportions sont respectivement de 90% et 86%.

Les flux restent cependant encore modestes. En 2021, dernière année étudiée par l’Insee dans sa nouvelle note, sur les 141.600 nouveaux arrivants actifs en France métropolitaine depuis l’étranger, seulement 10.000 se sont installés en zone frontalière depuis le pays directement voisin. Parmi les 9100 qui se sont installés aux frontières du nord et de l’est, 43% sont arrivés en zone frontalière suisse, contre 21% à la frontière belge et 21% à la frontière allemande. Un peu moins viennent du Luxembourg (15%), mais cette proportion est élevée au regard d’une frontière bien plus courte que les autres.

La plupart de ces déménagements transfrontaliers sont motivés par un gain de pouvoir d’achat, notamment pour les Suisses et les Luxembourgeois qui ont vu les prix de l’immobilier s’envoler dans leur pays.

Il est vrai que s’installer en France est un bon calcul pour des personnes qui travaillent dans un pays où le niveau de vie – et par conséquent les salaires – est largement supérieur au nôtre. Rappelons, en effet, que si le PIB par habitant en standards de pouvoir d’achat (SPA) est fixé à 100 en moyenne pour l’Union européenne (UE), la Belgique est à 114, l’Allemagne à 115, le Luxembourg à 239, et la Suisse à 157. Il n’est que de 98 pour la France.

Il est sous le SPA français – et sous la moyenne de l’UE – pour l’Espagne (92) et l’Italie (96). Ce qui explique, qu’en 2021, moins 600 actifs venant d’Espagne se sont installés en zone frontalière française et à peu près 400 depuis l’Italie. La France est trop chère pour eux. Pour combien de temps encore ? Entre 2020 et 2025, l’Espagne a progressé de 10 points et l’Italie de 3 points. La France, elle, baissait de 5 points.

Faut-il se réjouir de l’arrivée de ces travailleurs à fort pouvoir d’achat en France ou le déplorer tant elle est le signe de notre décrochage ?

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.