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mercredi 7 octobre 2026

Emploi : l’Amérique embauche dans le privé, la France dans le public

Temps de lecture : 2 minutes

Le rapport de l’US Bureau of Labor Statistics pour le mois de septembre est à première vue médiocre : seulement 29 000 créations nettes d’emplois. Mais derrière ce chiffre il y en a d’autres très instructifs. Le secteur public en a perdu 17 000. Le secteur privé, lui, en a créé 46 000, dont 11 000 dans la construction et 9 000 dans l’industrie. L’enquête auprès des ménages est plus parlante encore. La population active a augmenté de 485 000 personnes en un seul mois et l’emploi de 406 000. Le taux de chômage reste à 4,2 %. Le taux de participation au marché du travail gagne 0,2 point en un mois. Autrement dit, des Américains qui avaient renoncé à chercher du travail s’y remettent, parce qu’ils estiment pouvoir en trouver un à un salaire qui en vaut la peine. Aucun signe, à ce stade, de la catastrophe de l’emploi que l’on annonçait du fait de l’intelligence artificielle. En France, au deuxième trimestre 2026, l’Insee mesure un taux de chômage de 8,3 %, en hausse de 0,2 point par rapport au 1er trimestre et de 0,7 point par rapport au 2ème trimestre 2025. C’est le plus haut depuis 2020. La France compte 2,7 millions de chômeurs, soit 261 000 de plus qu’il y a un an. Et alors que le taux de participation américain monte, le taux d’activité français recule à 75,4 %. La France a perdu 23 500 emplois durant ce trimestre. Mais le privé en a détruit 24 300 pendant que la fonction publique en créait 800. Sur un an, l’écart devient spectaculaire : 80 900 emplois privés détruits, 8 500 postes publics créés.

D’un côté de l’Atlantique, en un mois : 17 000 emplois publics en moins, 46 000 emplois privés en plus. De l’autre, en un an : 80 900 emplois privés en moins, 8 500 emplois publics en plus. Les deux pays affrontent le même monde : même révolution technologique, mêmes taux, mêmes tensions géopolitiques. L’un laisse son marché du travail s’ajuster et réduit ses effectifs publics ; l’autre protège ses effectifs publics et regarde le privé licencier. Et le budget qui vient ne corrige rien. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit 6 816 créations nettes de postes dans la fonction publique d’État, pendant que le secteur marchand continue de détruire des emplois.

Le taux de chômage américain est de moitié inférieur au nôtre. Ce n’est pas une fatalité culturelle ni un accident statistique : c’est le résultat de politiques opposées. Là-bas, on allège la masse salariale publique et on laisse les entreprises embaucher. Ici, on alourdit les prélèvements sur celles qui créent les emplois quand nos voisins les allègent, et on compense par de l’emploi public financé par les contribuables.

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