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mercredi 28 octobre 2026

Emploi : l’Amérique embauche dans le privé, la France dans le public

Temps de lecture : 2 minutes

Le rapport de l’US Bureau of Labor Statistics pour le mois de septembre est à première vue médiocre : seulement 29 000 créations nettes d’emplois. Mais derrière ce chiffre il y en a d’autres très instructifs. Le secteur public en a perdu 17 000. Le secteur privé, lui, en a créé 46 000, dont 11 000 dans la construction et 9 000 dans l’industrie. L’enquête auprès des ménages est plus parlante encore. La population active a augmenté de 485 000 personnes en un seul mois et l’emploi de 406 000. Le taux de chômage reste à 4,2 %. Le taux de participation au marché du travail gagne 0,2 point en un mois. Autrement dit, des Américains qui avaient renoncé à chercher du travail s’y remettent, parce qu’ils estiment pouvoir en trouver un à un salaire qui en vaut la peine. Aucun signe, à ce stade, de la catastrophe de l’emploi que l’on annonçait du fait de l’intelligence artificielle. En France, au deuxième trimestre 2026, l’Insee mesure un taux de chômage de 8,3 %, en hausse de 0,2 point par rapport au 1er trimestre et de 0,7 point par rapport au 2ème trimestre 2025. C’est le plus haut depuis 2020. La France compte 2,7 millions de chômeurs, soit 261 000 de plus qu’il y a un an. Et alors que le taux de participation américain monte, le taux d’activité français recule à 75,4 %. La France a perdu 23 500 emplois durant ce trimestre. Mais le privé en a détruit 24 300 pendant que la fonction publique en créait 800. Sur un an, l’écart devient spectaculaire : 80 900 emplois privés détruits, 8 500 postes publics créés.

D’un côté de l’Atlantique, en un mois : 17 000 emplois publics en moins, 46 000 emplois privés en plus. De l’autre, en un an : 80 900 emplois privés en moins, 8 500 emplois publics en plus. Les deux pays affrontent le même monde : même révolution technologique, mêmes taux, mêmes tensions géopolitiques. L’un laisse son marché du travail s’ajuster et réduit ses effectifs publics ; l’autre protège ses effectifs publics et regarde le privé licencier. Et le budget qui vient ne corrige rien. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit 6 816 créations nettes de postes dans la fonction publique d’État, pendant que le secteur marchand continue de détruire des emplois.

Le taux de chômage américain est de moitié inférieur au nôtre. Ce n’est pas une fatalité culturelle ni un accident statistique : c’est le résultat de politiques opposées. Là-bas, on allège la masse salariale publique et on laisse les entreprises embaucher. Ici, on alourdit les prélèvements sur celles qui créent les emplois quand nos voisins les allègent, et on compense par de l’emploi public financé par les contribuables.

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8 réponses

  1. Merci. J’aime quand on compare les résultats de politiques menées dans les différents pays. Si on se trompe, alors on change de stratégies… Bien sûr, c’est vrai si l’on veut mener des politiques à long terme.

  2. Petite erreur d’interprétation qund vous dites :
    on compense par de l’emploi public financé par les contribuables.
    En réalité, c’est « financé par l’emprunt, qui sera remboursé par les petits enfants des contribuables actuels ».

  3. C’est logique : embaucher dans le public, c’est maîtriser le chômage à une valeur décente. Sauf qu’embaucher un fonctionnaire pas réellement utile ou nécessaire, c’est lui donner un statut de chômeur à vie, aux frais des autres bien sûr. La Révolution de 1789 n’est pas née en un jour, elle a eu tout le 18ème siècle pour sa gestation. Sommes nous dans un processus identique ? Sauf qu’avec les communications beaucoup plus rapides, la Révolution de 20.. va mûrir beaucoup plus vite. « Est-ce une révolte ?  » « Non, monsieur le Président, c’est une Révolution »

  4. Et pourquoi les Français veulent aller dans le public ?!! plus de vacances, mieux payés de nos jours, moins de stress, télétravail, meilleures retraites peu importe qui paye et surtout aucune responsabilité quels qu’en soient leurs actes et conséquences.

  5. Il y a 45 ans, un certain François Miterrand luttait contre le chômage par une création massive d’emplois publics. et pendant 45 ans, on a employé la même méthode. Ce n’est pas de l’amour, c’est de la rage…

    1. Dans le nord de la France, devenir fonctionnaire était un aboutissement dans la vie professionnelle d’un jeune des années 70, quand son père avait été ouvrier et licencié des usines de filature, de sidérurgie ou des mines de charbon. Je me souviens de sentiment de respect que sa fonction imposait. A ce jour, le vote bien ancré aux Présidentielles est le reflet de la détresse de ses petits-enfants.

      1. @Jeanne : pas que dans le nord de la France, en fait dès qu’on est à plus de 25km d’un centre-ville car avant la fermeture des usines, il y avait eu l’exode rural quand De Gaulle avait supprimé le système d’indexation des prix agricoles et par là même mis un terme à la rente de situation des petits exploitants agricoles ayant entraîné les commerçants du coin dans leur chute…

  6. En FRANCE, on n’a pas fini d’acheter des tonnes de feuilles de papier, pour que nos «  »chers » » fonctionnaires (chers dans les deux sens du terme), puissent continuer à faire des cocottes en papier , entre deux pontes de lois iniques. Que ne feraient-ils pas pour justifier leur présence souvent inutile!! Avec la bénédiction de nos «  »chers » » politiques (chers dans les deux sens du terme, également). Pauvre FRANCE !! C’est pour reduire le chaumage…….Ah bon !!!
    Pendant ce temps-là, le privé, seule source actuellement de richesses, est en train de cr…r!!
    Pillé de partout…

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