Entre 2007 et 2023, selon la dernière étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), les dépenses de prestations sociales ont augmenté plus rapidement que la croissance économique dans la quasi-totalité des pays européens.
Prenons le cas de la France. Déjà , en 2007, elle figurait parmi les pays les plus dépensiers d’Europe. En 2023, elle occupe la première place, avec des prestations sociales représentant 31,7 % du PIB normalisé (corrigé des variations conjoncturelles liées au cycle économique), contre 28,9 % en 2007, soit une hausse de 2,8 points. À titre de comparaison, l’Allemagne a enregistré sur la même période une augmentation de 2,7 points. Par ailleurs, la France se situe nettement au-dessus de l’évolution moyenne de l’Union européenne, évaluée à +2,3 points entre 2007 et 2023. En 2023, la moyenne européenne s’établit autour de 26 % du PIB normalisé. D’après les premières projections, la Finlande pourrait éventuellement dépasser la France à l’avenir, mais l’ordre général reste stable, avec un modèle social français demeurant parmi les plus coûteux du continent, pour des résultats qui, comme l’avons déjà montré, restent discutables.
La DREES souligne par ailleurs que « le lien entre dépenses de santé et accès aux soins est […] complexe ; la France se trouve dans une position intermédiaire : les dépenses de santé y ont augmenté, tandis que le reste à charge des ménages est resté bas, mais le renoncement aux soins a un peu progressé. »
Entre 2007 et 2023, seuls quelques pays ont choisi de réduire leurs dépenses de prestations sociales, dont le Danemark (-2,3 points de PIB), la Suède (-0,3 point de PIB) et la Hongrie (-5,5 points). Le cas danois est particulièrement notable. En effet, malgré une baisse importante des prestations, notamment celles liées à la vieillesse, le pays est parvenu à préserver les personnes âgées du risque de pauvreté monétaire.
Ces exemples montrent clairement qu’il n’existe pas de relation simple entre le niveau des dépenses sociales et l’amélioration des conditions de vie. Une augmentation des dépenses peut rapidement se transformer en gaspillage de fonds publics plutôt qu’en véritable amélioration de la vie de la population.
Ainsi, la France, et l’Europe en général, dépensent davantage pour les prestations sociales, mais pas nécessairement de manière plus efficace. Peut-être serait-il temps que nos responsables politiques dépassent la seule question du « combien ? » pour s’interroger davantage sur le « pour quoi », le comment et « avec quels résultats » ?
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