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jeudi 22 octobre 2026

Il reste trois ans à la France avant d’atteindre le niveau de dette qui a mis la Grèce sous tutelle

Temps de lecture : 3 minutes

Les chiffres publiés par l’Insee le 29 septembre 2026 sont sans appel : à la fin du deuxième trimestre, la dette publique française atteint 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB. Depuis la mi-2017, elle a augmenté de 1 363,8 milliards d’euros. Cela représente plus de 400 millions d’euros par jour et près de 4 800 euros supplémentaires chaque seconde, selon l’IREF.

Mais jusqu’où cette trajectoire peut-elle conduire la France ? Un précédent européen permet de mesurer le chemin restant : celui de la Grèce, contrainte de solliciter une assistance financière internationale le 2 mai 2010. C’est ici qu’il faut être précis, car la confusion est fréquente. Au moment où Athènes a demandé l’aide de la troïka, sa dette publique s’élevait à 128,5 % du PIB  le dernier exercice clos, celui de 2009.

Pour établir une comparaison, nous avons réalisé une projection à partir de la situation française actuelle. Depuis dix ans, la dette progresse à 5,35 % par an. En retenant une croissance réelle du PIB de 1,2 % – la moyenne effectivement constatée depuis 2017 – et une inflation stabilisée à la cible de 2 % de la Banque centrale européenne, la croissance nominale s’établirait à 3,22 % par an.

À ce rythme, le ratio d’endettement français atteindrait 128,5 % du PIB dans moins de quatre ans, soit en 2030 : c’est le niveau auquel la Grèce a perdu l’accès aux marchés.

Ces échéances sont très sensibles à l’inflation, et c’est ce qu’il faut retenir de l’exercice. Avec une inflation de 2,5 % au lieu de 2 %, le seuil grec est repoussé à 2030 et les 146 % à 2039. Mais avec l’inflation effectivement constatée en 2025, soit 0,9 %, le niveau de 128,5 % serait atteint dès 2028 et les 146 % en 2032. Autrement dit, une inflation faible – que tout le monde souhaite par ailleurs -rapproche mécaniquement la France du précédent grec.

Ces dates reposent sur l’hypothèse très simplificatrice que la dette, la croissance et l’inflation conserveront les mêmes rythmes. Elles ne signifient pas davantage que la France serait automatiquement placée sous tutelle à ces niveaux d’endettement. La crise grecque ne s’est pas déclenchée au franchissement d’un seuil. Elle a été provoquée par la révélation, en octobre 2009, que les comptes publics transmis à Bruxelles étaient faux ( le déficit annoncé à 3,7 % du PIB se révélant supérieur à 15 %). S’y sont ajoutés une perte de confiance des marchés et des difficultés croissantes de refinancement. La France affiche pour sa part un déficit de 5,1 % du PIB et des statistiques sincères. Concernant l’évolution des taux d’intérêt, Yves Bourdillon en parle dans sa chronique d’aujourd’hui.

Il faut y ajouter un élément décisif : les marchés et la Banque centrale européenne savent qu’une défaillance française menacerait l’ensemble de la zone euro. La France constitue ce que les économistes appellent un risque systémique ce qui la protège, mais ne la dispense pas d’une baisse massive des dépenses publiques.

Selon le rapport du Sénat sur les engagements financiers de l’État, la charge de la dette de l’État passerait de 53,5 milliards d’euros en 2025 à 58 milliards en 2026, puis dépasserait 70 milliards en 2027 et 90 milliards en 2029 — soit un quasi-doublement en quatre ans, avec un franchissement possible des 100 milliards autour de 2030.

C’est bien là que se joue la trajectoire. Une dette de moins en moins soutenable, un nouveau coup de chaud sur les marchés, et une charge d’intérêts qui deviendra le premier poste du budget de l’État avant la fin de la décennie : la question n’est plus de savoir si la France ressemble à la Grèce, mais jusqu’à quand elle pourra s’enfoncer sans rien décider.

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17 réponses

  1. Les intérêts de la dette se chiffrent par centaines de milliards (intérêts cumulés depuis 1973 selon l’IFRAP : 1800 milliards d’euros, et 2000 si on applique l’inflation), reversés au profit de la Grande Phinance Mondiale. La dette est donc pour les 2/3 au profit des étrangers et pas des français.
    Utiliser nos impôts au profit des riches des pays riches (qui nous prêtent), et des pauvres des pays pauvres (qui nous sollicitent) est une aberration. On pourra dire  » c’est au pied du mur qu’on voit le maçon, et c’est au pied du mur de la dette qu’on voit le Maçron « . Mais plus qu’un mur, on pourrait dire « c’est au pied de cette pyramide de Ponzy que 50 ans de gabegie budgétaire vous contemplent »

    1. Votre raisonnement ne tient pas. La dette n’est pas au profit des étrangers, mais des français. Mais comme la dette française est achetée pour plus de la moitié par des fonds étrangers, plus de la moitié des intérêts versés partent à l’étranger.

  2. Personnellement je pense que c’est une très bonne chose que la dette devienne un sujet d’inquiétude de la part de nos concitoyens, et ceci avant la prochaine présidentielle. Ça devrait limiter les promesses électorales dispendieuses.

  3. La messe est dite, et pas par le Pape !
    La faillite est inexorable, la seule incertitude est quant, même pas sûr que le pays tienne 3 ans…

  4. La FP a mis le pays en coupe réglée à son unique profit. C’est de plus en plus visible. Prochaine étape, interdire l’expatriation des ingénieurs et on sera devenus comme une nouvelle RDA.

    1. L’augmentation significative de la dette a commencé sous Mitterand – et aucun Président après lui n’a tenté de réduire l’emballement

      1. L’augmentation de la dette a commencé sous Giscard, d’où l’inflation permettant de rembourser en monnaie de singe, l’électorat du bloc central en ayant également bien profité pour se constituer sans effort un patrimoine immobilier considérable… Et la dette a commencé à augmenter quand Mitterrand a tordu le cou pour de bon à l’inflation, une aubaine pour ceux déjà propriétaire car baisse de l’inflation => crédit plus accommodant => envolée des actions et des prix de l’immobilier… En fait, Mitterrand a réinventé les rentiers…

    1. Parceque que les Français n’ont pas d’argent et ceux qui en ont savent qu’il n’y a que des nigauds pour acheter des obligations longues en période haussière de hausse des taux…

      1. L’hypothèse que les taux finissent par baisser ne vous à pas effleuré ?
        La nigaud achètent à taux bas et sont perdants quand ça montent, les autres achètent quand c’est haut et sont gagnants quand ça baisse…

  5. Quand nous demanderons aide BCE, c’est nous qui déciderons de la politique fiscale à appliquer en France ou on nous imposera des responsables au gouvernement pour la suivre ? Je veux dire, peut on s’engluer encore et sans fin, malgré l’aide ? Je lis « bras de fer intense avec la BCE », en 2015, concernant la Grèce…

  6. Je ne dirai pas merci à Macron d’avoir mené le pays dans le mur. Je me demande juste s’il est totalement incapable ou malhonnête et pourtant il pavoise, jamais responsable des 1300 mds d’augmentation de la dette, il voyage, c’est devenu le touriste de la république avec ses belles lunettes bleues. Il a laissé le chômage augmenté tout en recrutant nombre de fonctionnaires dont peut être nous aurions nous passer. Tous ces politiques vivent grassement sur le malade France et à l’instar de Diafoirus ne parlent que de « purgarer et segnare ». Je ne sors pas encore une lanterne à la main mais tel Diogène je cherche un homme, un homme qui saurait renverser la table…

  7. La Grèce en faillite devait à l’époque 350 milliards ! La France doit 3600 milliards !
    sans compter les engagements hors bilan (5000 milliards), la question que je pose est la suivante :
    Comment pourrait faire le FMI pour intervenir ??? avec un tel montant ??? Il faudra donc réduire les dépenses publiques de 200 milliards immédiatement et pas sur 5 ans, SANS TOUCHER à autre chose que les agences de l’état (1200 pour 80 milliards de coût), au nombre hallucinant de fonctionnaires en France etc….!
    aux aides en tout genre….etc !

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