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mardi 29 septembre 2026

Dette : l’OAT à son plus haut depuis 2008

Temps de lecture : 2 minutes

La dette publique atteint 119,0 % du PIB, contre 117,5 % au premier trimestre, soit 3 595,5 milliards d’euros. C’est un niveau supérieur au pic de la pandémie – 115,7 % du PIB en 2020, ce qui illustre la détérioration, pour ne pas dire l’irresponsabilité des pouvoirs publics depuis l’époque où le « quoi qu’il en coûte » bénéficiait du prétexte sanitaire. Une dette de moins en moins soutenable, comme nous l’écrivons depuis des mois.

Le gouvernement vise un déficit de 5,4 % du PIB en 2026 puis 5 % en 2027 (4,8 % hors dépenses militaires supplémentaires), au prix d’un « effort » de l’État d’environ 54 milliards d’euros, principalement par la dépense, mais aussi par une nouvelle hausse des impôts. Le taux de prélèvements obligatoires est prévu à 44,2 % du PIB en 2027, contre 43,9 % en 2026 et 43,6 % constatés en 2025, un niveau que seul le Danemark atteint aujourd’hui, et qui confirme une fois de plus que la France est championne du monde de l’imposition.

Le projet de loi de finances pour 2027 sera présenté jeudi en Conseil des ministres. Les pistes évoquées pour empêcher le dérapage du déficit incluent le gel du point d’indice des fonctionnaires, une contribution des retraités par l’abaissement du plafond de l’abattement de 10 % sur les pensions, et éventuellement une désindexation partielle des pensions sur l’inflation.

Ces discussions se déroulent dans une ambiance tendue à trois titres. Sur le plan social, la fonction publique était en grève mardi contre le gel du point d’indice, avec près de 170 manifestations organisées dans le pays. Sur le plan sécuritaire, des dizaines de lycées étaient bloqués à Paris et en province, où des jeunes semblent s’être lancés dans un concours du plus bel incendie de poubelles.

Sur le plan financier enfin, le rendement de l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor) à dix ans – c’est-à-dire le prix que demandent les investisseurs internationaux pour prêter à l’État français – a frôlé 4,73 % mardi matin, un record depuis la crise financière de 2008. L’écart avec l’Allemagne a atteint 114 points de base, au plus haut depuis 2012, alors qu’il n’était encore que de 78 points de base en juin dernier. Le tout dans une économie atone : le PIB est resté stable au deuxième trimestre, à +0,0 % après −0,2 % au premier. Un nouveau coup de chaud sur la dette qui pose, plus nettement que jamais, la question de savoir jusqu’à quand la France pourra s’enfoncer.

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