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jeudi 5 novembre 2026

Un ancien directeur adjoint du FMI demande à la BCE de sauver la France

Temps de lecture : 2 minutes

Desmond Lachman, ancien directeur adjoint du FMI, aujourd’hui à l’American Enterprise Institute, publie un texte sans ambiguïté : «  La BCE doit renflouer la France  ». Et il ne se contente pas de le prédire, il le recommande. Sa dernière phrase est celle-ci : «  Dans l’intérêt des économies européenne et mondiale, le renflouement par la BCE (Banque Centrale Européenne) doit venir en premier. »

Son diagnostic est brutal mais juste. En quinze ans, la dette publique est passée de 80 % à près de 120 % du PIB, soit 3 595 milliards d’euros. La dépense publique atteint 57 % du PIB. Le rendement de l’OAT à dix ans est passé de 3,2 % en janvier à plus de 5 %, et le spread avec le Bund atteint 165 points de base, un niveau que la crise de 2010 elle-même n’avait pas connu.

Reste le remède. L’instrument qu’il invoque, le programme de protection de la transmission créé en 2022, permet d’acheter sans limite des titres d’un État membre, mais il est assorti de quatre conditions : pas de procédure pour déficit excessif, pas de déséquilibre macroéconomique grave, trajectoire soutenable et politique économique saine. La France n’en remplit aucune.

Ces quatre conditions ont une raison d’être : elles interdisent de secourir un État qui refuse de se réformer. Elles sont la seule contrepartie de la garantie européenne, et les lever pour la France reviendrait à les supprimer pour tout le monde. Lachman le sait mais le demande quand même : l’argent d’abord, les réformes ensuite, puisqu’il se contente d’« espérer » que le prochain président aura un mandat pour assainir les comptes.

Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, juge l’intervention de la BCE prématurée et ajoute cette phrase qu’on devrait afficher au Palais-Bourbon : « La discipline budgétaire et le sérieux des comptes publics constituent le véritable filet de sécurité collectif pour éviter des secousses financières majeures à la France ».

Le taux d’intérêt est le dernier mécanisme qui inflige un coût immédiat à l’irresponsabilité budgétaire, et la France emprunte déjà plus cher que les États-Unis. Faire racheter la dette par la BCE avant toute réforme ne sauverait pas le pays, cela le dispenserait de choisir jusqu’au jour où la facture sera encore plus lourde.

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