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mardi 8 septembre 2026

Incapable de tenir ses comptes, l’État veut faire les poches des épargnants

Temps de lecture : 2 minutes

Le budget 2027 n’est pas encore prêt que, déjà, les « pistes » fuitent. La dernière en date, lancée lundi 7 septembre par le ministre de l’Économie Roland Lescure sur RTL : taxer l’épargne salariale au-delà de 3 000 euros par an. Matignon a aussitôt démenti tout arbitrage, Sébastien Lecornu s’agaçant sur X de « fuites » qui ne sont « ni des annonces ni des ballons d’essai ». Reste que l’idée est sur la table, après le gel des retraites et le rabotage de l’abattement des retraités. La méthode n’est pas nouvelle : on invente de nouvelles taxes.  Dans ce domaine au moins, la France bat des records d’innovation et de productivité !

Ce ne serait pas la première razzia. Fin 2025, la « flat tax » sur les revenus du capital est passée de 30 % à 31,4 % via la CSG, avec une surtaxe portant certains prélèvements à près de 22 %. On avait même voté, avant de l’abandonner, un « impôt sur la fortune improductive » visant les fonds en euros. À chaque budget, l’épargne est la variable d’ajustement.

Or, taxer l’épargne, c’est frapper une deuxième, souvent une troisième fois, un argent déjà imposé. L’épargne n’est pas un privilège : c’est du revenu qu’on a choisi de ne pas consommer, prélevé une première fois à la source, puis de nouveau sur ses fruits, et bientôt sur son stock. On punit très exactement la vertu que l’on prétend encourager : la prévoyance.

L’épargne salariale est, de surcroît, la pire des cibles. C’est l’outil qui associe le salarié à son entreprise, qui permet à un employé modeste de se constituer un capital, et qui alimente l’investissement productif dont la France manque cruellement. La taxer, c’est décourager d’un même geste l’épargne des modestes et le financement des entreprises.

Car le problème n’a jamais été un déficit d’impôts — la France détient le record mondial des prélèvements — mais un excès de dépenses. La France taxe d’ailleurs déjà le patrimoine à hauteur de 3,67 % de son PIB, contre 1,89 % en moyenne dans l’OCDE — près du double. Taxer l’épargne pour combler le trou, c’est soigner le symptôme en aggravant le mal : moins d’investissement, moins de croissance, et cette fuite des capitaux que les chiffres confirment déjà — 800 millionnaires ont quitté le pays en 2025.

À force de rétroactivité et de taxes nouvelles chaque semaine, l’État envoie un message clair à ceux qui mettent de l’argent de côté : ne le faites pas, ou faites-le ailleurs. Le vrai luxe, en France, n’est plus de dépenser : c’est d’épargner sans se faire rattraper. Un État incapable de tenir ses propres comptes ferait mieux de balayer devant sa porte.

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