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mercredi 27 mai 2026

L’agriculture française doit faire sa révolution

Temps de lecture : 2 minutes

Lors de sa convention annuelle, le groupe InVivo – un des leaders français de l’agroalimentaire avec 15.000 collaborateurs et 11,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires – a dévoilé une étude menée avec d’autres grands acteurs du monde agricole (Sofiproteol, Unigrains et Crédit agricole) sur l’avenir de l’agriculture à l’horizon 2050.

Car si le secteur reste une « source de création de valeur majeure », il ne cesse de s’affaiblir. Comme le note InVivo, pour la première fois depuis 1978 la balance agricole française pourrait être déficitaire en 2025 ; les coûts de production ont augmenté de 25% en cinq ans ; les rendements baissent en raison des aléas climatiques. Parallèlement, comme l’a souligné Contrepoints, le revenu agricole par unité de travail a chuté de plus de 19% en 2024.

Pour maintenir la performance de l’agriculture française, l’étude a identifié quatre catégories de leviers : diversification des assolements, mise en œuvre de nouvelles pratiques culturales, utilisation accrue des technologies, mobilisation de leviers économiques et organisationnels (photovoltaïque sur les bâtiments, réintroduction de modèles de polyculture-élevage, etc.).

Combinés et déployés de manière systématique, ces leviers garantissent, selon l’étude, « la résilience de la Ferme France à l’horizon 2050 et sont finançables sur 15-20 ans ». Réjouissons-nous de constater que tout n’est pas perdu pour l’agriculture française et que des acteurs majeurs comme les commanditaires de l’étude y croient encore.

Cependant, nous nous étonnons que n’ait pas été évoquées ouvertement la réglementation et la fiscalité qui sont, tout de même, des freins majeurs au développement du secteur agricole et agroalimentaire. Par exemple, l’autorisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) et des nouvelles techniques génomiques (NGT) apporterait d’énormes progrès.

Nous avons évoqué dernièrement la suppression de 1000 normes sur le vin en Argentine. Dans le même temps, en France, le Conseil d’État interdisait d’afficher la mention « Sud de France » sur les étiquettes des vins de la région Occitanie. Cela était de « nature à induire le consommateur en erreur sur la qualité ou la provenance du produit » en faisant référence à un espace géographique indéfini !

Certes l’agriculture a besoin de se transformer pour faire face aux nouveaux défis du siècle. Encore faut-il que les agriculteurs ne se tirent pas eux-mêmes une balle dans le pied, par exemple en s’en prenant à leurs collègues qui osent aller de l’avant (ferme des 1000 vaches par exemple). Ou en demandant d’être protégés « quoi qu’il en coûte » par l’interventionnisme étatique. Comme tous les secteurs économiques, l’agriculture a surtout besoin d’être libérée.

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8 réponses

  1. On ne peut pas reprocher aux agriculteurs d’être des glandeurs. Le monde agricole est le secteur où l’on travail le plus par semaine pour des revenus médiocres. Ce qui n’est pas normal pour des gens qui bossent dur.
    Le problème est que le secteur agricole n’a toujours pas changé de logiciel. Il vit dans une économie parallèle où se sont les autres qui doivent s’adapter à eux. Alors que dans une économie de marché, les prix se négocient entre les clients et les entreprises. Celui qui se montre le plus compétitif et convainquant et celui qui remporte le marché. Je continue à penser que l’état doit continuer à aider les agriculteurs dans certaines circonstances comme pour les mauvaises récoltes pour des raison de météo, de maladie d’alléger la bureaucratie et d’arrêter de monter la barre chaque année pour introduire des normes pour tout et n’importe quoi.

    Les agriculteurs devraient devenir des entrepreneurs et non plus appartenir à une sorte de trust et de ne plus imposer à la grande distribution des négociations sur les prix à sens unique. Ces derniers ont aussi des charges d’exploitation à amortir.

    Je sais, c’est toujours facile à le dire derrière un écran. Mais si la solution c’est vouloir tout changer en gardant que les avantages et continuer à bloquer les autoroutes; les drames que subissent les agriculteurs comme les suicides s’arrêteront jamais.

    Si tout le monde ( État, agriculteurs et grande distribution) mettaient tous un peu d’eau dans leur vin autour d’une table, ce serait un bon début pour l’agriculture qui nous nourrit tous.

  2. Toujours le même dilemme entre productivité et santé, à quoi sert de beaucoup bosser pour mourir jeune à cause de produits dangereux
    On peut améliorer l’un et l’autre de façon saine

    1. mourir jeune? vous croyez? l’espérance de vie des agriculteurs à certes moins augmente que le reste de la population … mais elle a augmenté.. alors que voulez vous dire?

    2. Il n y a aucun dilemme l amélioration de notre productivité permet d exporte largement vers des pays qui manquent de produits de base, notamment des céréales au moyen Orient Maghreb Machrek sahel….

    3. Vous répétez sans aucune information viable le mantra écologiste. Une étude épidémiologique entreprise par L’INSERM auprès du monde paysan, et par le NIH aux USA, a constaté que les paysans souffrent de MOINS de cas de cancer que le reste de la population. Pourtant ce sont de loin les plus en contact avec les substances incriminées. Mes parents ont consommé des pesticides dans leur alimentation toute leur vie mais sont morts à plus de 90 ans de vieillesse. La tendance actuelle de faire passer l’idéologie avant la réalité est le symptome de la décadence intellectuelle de l’occident.

  3. La France a beaucoup de mal à sortir de l exploitation familiale classique de notre agriculture alors que nos voisins en sont sortis depuis longtemps
    2,6% des emplois dans l agriculture en France pour 1,2 en Allemagne
    Cette structure n est plus du tout adaptée au XXI siècle pour une agriculture tournée vers l exportation
    Au lieu d arroser le sable la France devrait s appuyer sur ses points forts et laisser tomber certains certains secteurs ou nous ne sommes plus concurrentiels

  4. Un énième rapport de plus énonçant des solutions éculées comme l’utilisation accrue de technologies ou la mise en oeuvre de pratiques d’assolements,…
    Comme l’écrit monsieur Carbon,
    Il faudrait libérer le travail des agriculteurs en desserrant le carcan réglementaire et bureaucratique qui les étouffe et en adaptant la fiscalité qu’ils supportent en silence. Un début de libéralisation en somme dont peu d’acteurs administratifs de haut niveau et de décideurs de la filière veulent vraiment. Mais pourquoi donc ?

  5. Diversification, mise en œuvre de nouvelles pratiques culturales ! encore de l’argent jeté par les fenêtres pour payer des gens qui réinventent l’eau tiède.
    Pourtant les solutions existent : 1) débloquer les entraves à l’agrandissement des exploitations. Les fermes françaises sont trop petites, 2) autoriser les mêmes technologies que celles de leur concurrents: pesticides, NGT, punir très sévèrement tous les factieux qui empêchent les fermes françaises d’investir ( bâtiment d’élevage, irrigation).

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