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mercredi 27 mai 2026

Le décrochage silencieux du niveau de vie des Français : pour en finir avec notre modèle social

Temps de lecture : 2 minutes

Il existe encore des gens en France pour croire que notre modèle social est envié partout dans le monde. À y regarder de plus près, les résultats économiques suggèrent que ce serait une erreur. Depuis 2021, le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat est passé sous la moyenne de l’Union européenne, à 62 556 dollars contre 63 585 dollars. Dans le même temps, celui de pays comme l’Allemagne (73 551 dollars) ou les Pays-Bas (86 173 dollars) n’a jamais cessé de progresser, tandis que la Suisse culmine à 96 497 dollars. Ils n’ont pas connu le décrochage français, malgré la crise du Covid.

Le contraste est d’autant plus saisissant que la France demeure l’un des pays qui taxe le plus au monde. Les prélèvements obligatoires représentaient 45,3 % du PIB en 2024, juste derrière le Danemark, et sont très au-dessus de la moyenne de la zone euro (40,9 % du PIB). Notre pays prélève énormément, redistribue énormément, tout en produisant relativement moins de richesse par habitant que nombre de ses voisins. La question est alors inévitable : où va l’argent ?

Une partie de la réponse tient dans la structure même de la dépense publique française, à savoir des dépenses de transfert – retraites, santé, éducation, minima sociaux – au lieu d’investissements de long terme. Ce modèle aurait peut-être mieux fonctionné dans une économie plus jeune, avec une croissance forte et une démographie dynamique. Mais dans une société vieillissante, marquée par une faible productivité et une désindustrialisation, il pèse lourdement sur l’investissement, le travail et la création de richesse.

Le paradoxe français est là. Le pays n’est pas pauvre en dépenses publiques ; il souffre d’un rendement décroissant de celles-ci. Malgré un niveau record de prélèvements, les services publics se dégradent, les déficits persistent et le niveau de vie n’augmente pas aussi vite que dans les pays ayant fait le choix d’une maîtrise de la dépense publique et d’une plus grande flexibilité économique. La Suisse n’a pas construit sa prospérité sur l’hypertrophie administrative. L’Allemagne, malgré ses difficultés récentes, conserve un tissu productif fort et une culture de la compétitivité industrielle.

Le débat français reste pourtant dominé par l’idée suivante : si les résultats ne sont pas au rendez-vous, c’est qu’il faudrait davantage de dépenses publiques. Mais lorsqu’un pays prélève plus de la moitié de la richesse nationale sans parvenir à maintenir le niveau de vie de sa population à un niveau comparable à celui de ses voisins, le problème n’est probablement pas un manque de redistribution, mais de modèle économique.

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