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vendredi 16 octobre 2026

Le récit des occasions manquées par notre pays pour désamorcer la bombe des retraites

Temps de lecture : 2 minutes

Oui, les comptes des retraites seraient équilibrés en 2026, sans subventions ni dette, si l’on avait réagi à temps. Le basculement a lieu quand le baby-boom prend fin en 1975, alors que l’espérance de vie augmente en parallèle. La bombe démographique prédite par Rueff est amorcée. Or, Mitterrand propose la retraite à 60 ans lors de la campagne présidentielle de 1981 et l’âge légal passe de 65 à 60 ans en 1982. Première occasion manquée.

Sous le gouvernement de cohabitation de Chirac en 1986, avec Édouard Balladur au ministère de l’Économie, la droite tente bien d’introduire des mécanismes de capitalisation ; mais le projet est axé sur l’épargne générale plutôt que sur une réforme directe et globale des retraites. Nouvelle occasion manquée. Voilà Rocard, conscient du risque lié au vieillissement de la population. Il commande en 1991 un « Livre blanc sur les retraites » ; le rapport pose noir sur blanc le bon diagnostic et évoque prudemment la nécessité de diversifier les modes de financement. Mais il n’ose pas institutionnaliser la capitalisation, un gros mot pour les socialistes. Après l’élection de Chirac en 1995, Juppé propose un plan ambitieux pour les retraites : alignement du secteur public sur le privé, réforme des régimes spéciaux, allongement de la durée de cotisation générale. Résultat : le pays est paralysé par des grèves de 3 semaines et le gouvernement recule.

Va-t-on être sauvés par la loi Thomas adoptée par le Parlement en février 1997, sous le gouvernement d’Alain Juppé ? Elle crée enfin un cadre juridique clair pour les fonds de pension d’entreprise en France, par capitalisation facultative et capitalisation collective. Les législatives de 1997 amènent la gauche au pouvoir. Fidèle à ses promesses de campagne, le gouvernement Jospin ne publie jamais les décrets d’application. La loi restera cinq ans en vigueur sans exister, avant son abrogation en 2002.

C’est ce même gouvernement Jospin qui, conscient de la bombe démographique, crée en 1999 le Fonds de réserve pour les retraites, tentative de constituer une épargne collective par capitalisation publique pour amortir le choc du papy-boom des années 2020. Mais c’est trop tard, et ses ressources finiront par être détournées en 2010 pour rembourser la dette sociale de court terme. Voici comment, de clientélisme en renoncement, de dogmatisme en paresse, nous avons raté tous les trains qui menaient à l’équilibre.

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Une réponse

  1. Quand nos voisins européens font des réformes structurelles courageuses nos franchouillards regardent ailleurs
    Ah ce coq gaulois qui s egosille les pieds dans la fange

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