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mardi 20 octobre 2026

Les propriétaires français sont les plus taxés de l’Union européenne

Temps de lecture : 2 minutes

La Tax Foundation vient de publier son classement européen des impôts sur la propriété immobilière. Pour comparer des pays de tailles très différentes, l’institut divise le produit annuel de cet impôt par la valeur de tout le capital détenu par le secteur privé : logements, bâtiments, équipements. La mesure répond donc à une question simple : pour 100 euros de patrimoine privé, combien le fisc prélève-t-il chaque année ?

En France, 1,08 euro en 2024. En moyenne dans les trente-deux pays européens qui lèvent cet impôt, 45 centimes. En Allemagne, 22 centimes. Sur trente-quatre pays, la France se classe troisième, derrière le seul Royaume-Uni (2,04 euros) et l’Islande (1,43), qui n’appartiennent ni l’un ni l’autre à l’Union européenne. Au sein des Vingt-Sept, la France occupe donc la première place, à égalité avec la Grèce et devant la Pologne.

La comparaison avec nos voisins est rude. La Suisse prélève 8 centimes pour 100 euros de capital privé, le Luxembourg 5, l’Autriche 10. L’Italie, souvent citée en exemple de pression fiscale, est à 61 centimes, l’Espagne à 58. Et le Danemark, réputé pour son niveau de prélèvements, taxe la pierre deux fois moins que nous, à 55 centimes. La France prélève près de deux fois et demie la moyenne européenne, et cinq fois l’Allemagne.

Encore plus révélateur : 71,4 % de cet impôt viennent des ménages, c’est le taux le plus élevé de tout le panel. Autrement dit cette  fiscalité, que l’on présente volontiers comme pesant sur le patrimoine et sur les entreprises, repose en réalité, pour près des trois quarts, sur des particuliers propriétaires de leur logement.

La taxe foncière a rapporté 55,1 milliards d’euros en 2025, avec un montant moyen de 1 669 euros par propriétaire. Et elle s’envole : selon l’observatoire de l’UNPI, elle a augmenté de 37,3 % entre 2014 et 2024, quand l’inflation progressait de 19,9 % et les loyers de 8,7 %. Soit près de deux fois l’inflation et plus de quatre fois la hausse des loyers. En outre, le propriétaire bailleur ne peut pas la répercuter sur le locataire d’un logement.

On nous avait pourtant promis un allègement. La suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales devait rendre du pouvoir d’achat ; elle a surtout transféré l’intégralité de la charge du logement sur le seul propriétaire, comme il était prévisible.

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