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dimanche 25 octobre 2026

Nationaliser TotalEnergies coûterait près de 7 000 euros par ménage

Temps de lecture : 2 minutes

Au micro de Sud Radio, Ian Brossat, sénateur PCF de Paris et directeur de campagne de Fabien Roussel, a défendu la nationalisation de TotalEnergies pour ramener l’essence « à un prix qui soit de 1,60 € ou 1,70 € » le litre. À l’appui de sa démonstration : « Total est d’ailleurs un groupe qui a été créé par l’État français dans les années 20 pour assurer sa souveraineté ».

C’est inexact. La Compagnie française des pétroles, ancêtre de TotalEnergies, a été créée le 28 mars 1924 à l’initiative de Raymond Poincaré, mais sous la forme d’une société anonyme de droit privé, chargée de gérer la part française du pétrole mésopotamien obtenue à San Remo. L’État n’est entré au capital qu’en 1931, par la loi du 16 mars, et à hauteur de 25 % : une participation minoritaire, jamais une entreprise publique. Et puisque l’idée circule, il n’y eut pas davantage de monopole : la loi du 30 mars 1928 instaurait un régime d’autorisations d’importation réparties entre plusieurs sociétés. Fonder une nationalisation sur le retour à un état de choses qui n’a pas existé est un début de raisonnement fragile.

Vient le prix, où trois grandeurs se confondent trop souvent : la capitalisation boursière, la valeur d’entreprise qui y ajoute la dette nette, et le coût effectif d’une nationalisation, qui dépend de la part rachetée et du prix consenti.

La capitalisation de TotalEnergies s’élevait à 122,7 milliards d’euros fin 2025 et à environ 174 milliards au printemps 2026. C’est le chiffre que retient Manuel Bompard, lequel estime que l’État pourrait en prendre le contrôle pour 70 milliards sans racheter tout le capital, au motif que le groupe aurait distribué 100 milliards de dividendes en dix ans : l’opération serait « extrêmement rentable ».

L’estimation est trompeuse. Une nationalisation ne se fait jamais au cours de la Bourse : il faut verser une prime de contrôle, couramment de 20 à 30 %. Le rachat intégral reviendrait donc à 209-226 milliards d’euros, soit, rapporté aux quelque 31,3 millions de ménages français, 6 700 à 7 200 euros par ménage. Certaines estimations, retenant la valeur d’entreprise dette comprise, portent la facture à 250 milliards, près de 8 000 euros par ménage.

Restent trois façons de payer et une seule addition. Par l’impôt, la charge pèse directement sur le contribuable. Par l’endettement, le coût augmente des intérêts, et toute dette publique est acquittée in fine par les contribuables : « un effort qui peut être lissé sur plusieurs années », reconnaît Brossat : lissé, mais pas supprimé. Par la combinaison des deux, enfin : emprunter, puis affecter les dividendes au remboursement, à condition qu’ils soient au rendez-vous, ce que la volatilité des cours ne garantit pas.

Et c’est ici que le projet se contredit. On ne peut pas à la fois affecter les dividendes au remboursement de la dette contractée pour acheter l’entreprise et baisser le prix à la pompe : baisser les prix, c’est renoncer aux profits censés financer l’acquisition. Les deux objectifs s’excluent, et l’argument des 100 milliards de dividendes se retourne contre celui qui l’avance.

S’y ajoute que TotalEnergies réalise l’essentiel de ses résultats hors de France et hors du raffinage-distribution. L’État deviendrait propriétaire d’un groupe dont les profits dépendent de cours mondiaux qu’il ne maîtrise pas, tout en assumant les risques géopolitiques et les investissements lourds qui vont avec. Une démagogie dont la facture serait présentée aux contribuables bien avant les automobilistes.

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10 réponses

  1. Il y a encore des communistes en France après des centaines de millions de morts massacrés en URSS, en Chine, au Cambodge…..au XX siecle

  2. Amusant de constater que personne ne prend la responsabilité de toutes les taxes, qui représentent plus de la moitié du prix à la pompe. Aucun politique ne les mentionne seulement, alors que ça serait la solution la plus simple et la plus directe.

  3. On peut reconnaître quelque chose chez les communistes, c’est qu’ils n’évoluent pas depuis plus de un siècle. Les nationalisations coûtent cher, les nationalisées vivent toujours sous perfusion tout en créant la pénurie.

  4. Tout cela est destiné à faire croire que c’est Total qui empoche le prix à la pompe alors que c’est l’état qui empoche plus de la moitié !
    Ils ont donc le pouvoir de baisser le prix… mais ne le font pas!
    -Bénéfice de l’état (taxes) 50 à 55%
    -Benefice de Total 5 à 10%
    Donc « nationaliser l’état » rapporte plus que nationaliser Total!
    Plomber la rentabilité de Total ne ferait guerre baisser le prix de plus 5%. et mobiserait le budget de l’état qui n’a pas besoin de ça ! Et qui devrait emprunter à… 5% !!!

    1. L état fait des bénéfices avec un déficit prévisionnel de 160 à 170 milliards
      Merci pour ce canular????
      Total ne fait aucun bénéfice en France et réalise tout son cash à l étranger
      Total ne maintient son réseau de distribution comme ses raffineries que sous la pression gouvernementale quand shell BP. Esso….liquident les leurs
      D ailleurs Total à revendu tout son réseau de distribution en Europe au canadien Couche-tard

  5. « Fonder une nationalisation sur le retour à un état de choses qui n’a pas existé est un début de raisonnement fragile. »

    Fragile ? C’est le moins qu’on puisse dire !

  6. Ça serait encore plus se rapprocher du modèle du Venezuela, il ne resterait qu’à y placer ses copains incompétents pour ruiner complètement cette entreprise.
    LFI a une vision communiste de l’économie où l’Etat serait mieux placé pour gérer les ‘biens communs’. Malheureusement une grande partie de nos jeunes y croit sous l’habillage écologique.

  7. Ces communistes, indécrottables! L’effondrement de l’Urss, tout près de chez nous, ne leur a rien appris.

  8. Avec l’Urss et la Chine de Mao (sans oublier Cuba) tout un chacun a pu ou aurait pu se rendre compte des ravages de l’économie communiste. L’image d’illustration de l’article montre parfaitement le duo d’ illusionnistes escamoteurs. Ces gens avec leurs idées fumeuses abusent l’esprit de jeunes et moins jeunes qui hélas n’ont aucun recul et n’entendent que le chant trompeur des Sirènes.

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