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lundi 15 décembre 2025

Selon l’économiste Patrick Artus, il faut « forcer » les héritiers d’un patrimoine professionnel à ouvrir leur capital

Temps de lecture : 2 minutes

Patrick-Artus©wikipedia

Comme chaque année depuis 30 ans, Challenges a dévoilé un classement des 500 premières fortunes de France. Cette année, il existe 145 milliardaires et 255 millionnaires au patrimoine de plus de 245 millions d’euros. Le patrimoine global de ces 500 personnes aura été multiplié par 14 en 30 ans, alors que le smic en euros courants n’aura même pas doublé, relève le magazine.

Dans le même sujet, l’économiste Patrick Artus, bien connu des plateaux de télévision, signe un article intitulé « Freiner l’économie de rentiers pour dynamiser le marché ». Il y explique que « la très grande concentration des patrimoines qui résulte de l’héritage est inefficace économiquement » et ce, pour les raisons suivantes : absence de diversification des idées, peu d’innovations, investissements défensifs, protection de rentes en achetant des concurrents plus petits et dangereux. Selon lui, « le sujet n’est donc pas politique ou moral : si l’on ne veut pas retomber dans une économie de rentiers, il faut lutter contre cette concentration du patrimoine, qui résulte d’une accumulation des héritages d’une génération sur l’autre ».

Patrick Artus cite continument avec éloge l’étude du Conseil d’analyse économique de 2021 sur l’héritage et il en entérine les solutions. Il insiste sur la nécessité de la réforme du pacte Dutreil sur la transmission des entreprises en accroissant « la part des héritages de patrimoine professionnel taxée au barème de droit commun ». « Cela forcerait (sic) ces héritiers à ouvrir leur capital ». Cette taxation accrue des héritages « pourrait servir à doter en capital tous les jeunes Français », poursuit-il avec force démagogie.

A plusieurs reprises ces dernières années, nous avons écrit des pendules ou des articles pour dénoncer le tir groupé de la gauche et de l’extrême gauche contre les successions et donations, qu’il s’agisse du rapport Blanchard-Tirole (14 juillet 2021), de Thomas Piketty, de l’OFCE, du CAE, d’Oxfam France (21 octobre 2024), de la Fondation Jean-Jaurès (3 décembre 2024) ou plus récemment de chercheurs (6 avril 2025). Pour le moment, et heureusement, les propositions d’accroissement de la fiscalité ont été infructueuses, mais il convient d’être vigilants.

Patrick Artus s’ajoute donc à la longue liste des zélateurs de la fiscalité sur les héritages et notamment sur les héritages de nature professionnelle. Il nous dit qu’il ne s’agirait ni de politique ni de morale, mais, si l’on comprend bien, de bonne logique économique entendue de manière utilitariste. Trois points déjà contestables, mais surtout ce qu’il oublie, c’est l’aspect juridique. L’État n’a aucune légitimité à « forcer » des héritiers à ouvrir leur capital pour payer des impôts et pour éviter que ne se « reconstitue » une « société de rentiers ». La proposition de Patrick Artus est rien moins qu’une violation caractérisée des droits de l’homme et une atteinte tout particulièrement inacceptable au droit de propriété. Pour le dire autrement, c’est de la spoliation, c’est du vol.

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18 réponses

  1. Il n’y a pas de rentiers, il y a des personnes qui ont pris des risques, trouver une idée de génie, investit, ou tout simplement bosser toute leur vie en se privant, et en privant leurs enfants pour se construire un patrimoine et le transmettre à leur enfants. L’héritage, c’est qu’on donne à ses proches, à sa mort, en compensation de ce qu’on ne leur à pas donné avant. Ras le bol de tous ces voleurs qui ne pensent qu’a taxer l’héritage, en quoi quelqu’un qui hérite devrait être taxer alors que cet héritage à déjà été taxer avant sa constitution avec l’impôt sur le revenus. En quoi quelqu’un qui laisse un héritier serait moins vertueux que celui qui a tout dépensé au fur et à mesure, laissant à la société « l’obligation » de lui donner des aides en cas de coup dur. En quoi quelqu’un qui dépense tout durant sa vie, et inculque ce mode de vie à ses enfants, serait plus vertueux que celui qui laisse son héritage à ses enfants après sa mort leur inculquant le gout de l’effort et la prévoyance en cas de coup dur? Ras le bol de ces donneurs de leçons, les droits de successions ne devraient même pas exister, le capital qu’un individu s’est constitué au cours de sa vie l’a été après s’être acquitté des impôts en vigueur, le retaxer, c’est une double imposition, c’est une honte

    1. Je souscris pleinement à votre argumentation qui est si difficile à faire entendre dans une France socialiste à l’excès depuis 45 ans, et championne de la redistribution. Si on voulait privilégier la création de richesse, en travaillant plus, on s’appauvrirait moins!

    2. @maxens – Tout est dit dans votre synthèse. Cependant nous sommes en démocratie et nous avons voté pour des représentants qui pensent comme Patrick Artus. Et en démocratie c’est le NOMBRE qui fait la LOI !

  2. Ce monsieur oublie que l’accumulation de capital est nécessaire à l’investissement. Et que sans pacte Dutreil, bien souvent les héritiers finissent par vendre à de grands groupes internationaux peu soucieux des implantations locales et de la culture de la société. Autre cas de figure classique la création de holdings qui portent une dette contractée pour payer des droits de succession et remboursée par des dividendes (au lieu de rester dans l’entreprise pour investir). M Artus pourrait aussi jeter un coup d’œil aux puissant écosystème des PME allemandes, italiennes ou suisses.

    1. les travailleurs?? Euh, on est dan un pays libre, si un travailleur n’est pas satisfait de son sort, en maximum 2 mois, il peut partir…donc non, les travailleurs reçoivent une rémunération, donc rien ne se fiat sur leur dos

    2. Le patrimoine industriel est un capital. Il ne vaut rien s’il ne travaille pas ou ne produit pas de bénéfices. Il n’a de valeur que pour l’acheteur qui flaire la bonne affaire ( pas chère) pour l’exploiter à son profit. Le mettre enbalance comparé au smic…… comment dire?………..Bof?

  3. Ne pas oublier l appétence d entreprises étrangères réalisant de fructueuses opérations de rachat en profitant de la fragilité financière des « héritiers » de même pour l ouverture du capital

    1. Les investisseurs étrangers ne font que répondre a la rareté caitalistique et a un manque d audace très français

  4. On subit M Artus depuis des décennies. Il n’a jamais rien fait de concret ni rien vu venir!! Peinard a la BNP je crois me souvenir et sur tous les plateaux télé et radio a 5000€ la passe!!
    Oubliez ce type de faux expert médiatique. Nocif toxique et cher!!

  5. Même Arnaud Montebourg défend la Loi Dutreil, qui permet précisément de préserver le tissu des ETI françaises. D’ailleurs l’ouverture forcée du capital s’offrirait à qui ? Certainement pas aux smicards désargentés, mais à des concurrents étrangers qui en profiteraient pour prendre le contrôle ou fermer les entreprises. Est-il possible de faire moins avisé ? Et cela, nonobstant l’inviolabilité juridique et morale de la propriété privée. Il faut expliquer à M. Artus et consorts que les fortunes françaises sont largement réalisées à l’international ; les gros patrimoines n’ont simplement aucune raison de venir s’investir dans une économie domestique étouffée par l’euro-socialisme. Aussi le « décrochage » entre patrimoine et économie ne fait qu’illustrer ce décrochage entre un monde en expansion et une France en contraction. Les riches ne sont pas responsables du marasme français mais ont simplement les moyens d’y échapper individuellement.

  6. Oui oui, tout ça c’est bien gentil, donc il faut augmenter les droits de succession, qui sont déjà en France les plus élevés du monde, pour redynamiser les grandes entreprises et en ouvrir le capital, mais l’ouvrir à qui ? aux chinois, aux indiens ?
    En réalité ce genre de mesures, non seulement va être une catastrophe pour notre industrie et notre souveraineté, mais au final va ruiner le petit épargnant français et le propriétaire de sa résidence principale. Peut être était ce là l’objectif initial.

  7. Au delà de la notion de vol qui peut toujours être débattue, l’erreur plus fondamentale réside dans l’emploi du mot « patrimoine » sans distinguer les biens de consommation et le capital.
    Le capital, qui constitue la grande partie des « grandes fortunes » ne peut pas être distribué en bien de consommation pour les plus pauvres. Cela, Patrick Artus, le sait bien (il n’est pas du niveau d’Attac ou de LFI). Il propose plutôt de disperser le capital, c’est à dire de le faire changer de mains en le ponctionnant.

    Cela présente deux inconvénients majeurs. D’une part, en ponctionnant le capital, même pour la bonne cause, on l’affaiblit (quand on taxe un paquet de cigarettes c’est bien pour réduire la consommation de tabac, pas pour la faire croitre). D’autre part, rien ne prouve qu’en changeant de mains le capital sera mieux géré qu’en restant dans une dynastie familiale, tout dépend des cas. Or lorsque des enfants gèrent mal leur capital il a vite fait de changer de mains sans action de l’État.
    Le dispositif est donc uniquement punitif sans la moindre plus value pour l’innovation et la réallocation qui peuvent parfaitement se dérouler sans intervention.

  8. Autant je suis tout à fait en phase avec la plupart de vos idées, autant je ne comprends pas votre acharnement à défendre la transmission des héritages
    Il faut bien financer l’état de droit quand bienmême, celui-ci serait réduit à 20 % du PIB
    Si nous voulons une société du mérite, il faut enlever les taxes sur le travail et la réussite et trouver d’autres taxes. Celle sur la mort est sans doute la moins douloureuse.
    Choisissez vos combats
    Taxer, l’héritage tout seul, non.
    Taxer les héritages dans le cadre d’un échange et d’une recherche d’équilibre. Oui
    il faut bien financer l’État..

    Par ailleurs, l’idée d’un héritage, républicain d’un capital à louer aux jeunes n’est pas idiot
    Le gros reproche qui peut être fait au libéralisme, c’est la négation de l’égalité des chances
    Si cette égalité des chances est donnée au départ de la vie, par l’éducation et par un capital minimum, il n’y a plus de justification morale à soutenir les individus par d’autres compensation
    Donc, oui, je suis désolé, il y a de bonnes idées dans ces prises de position d’Arthus, machin que je n’ai pas luEs

  9. Encore un qui voulait « réenchanter la vie des français » et qui n’a pu se représenter à un 2ème mandat tellement il fut « normal ». Il faut fuir toutes les théories économiques socialistes, car comme disait la Dame de Fer anglaise, « Le problème avec le socialisme, c’est qu’on finit toujours par avoir dépensé tout l’argent des autres.”

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