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mardi 3 novembre 2026

Budget 2027 : 54 milliards d’économies promis, 48,8 milliards de dépenses votées

Temps de lecture : 2 minutes

Nous l’avions écrit dès l’annonce du budget de Sébastien Lecornu : son projet prévoyait déjà 42 milliards d’euros de dépenses supplémentaires et 6 800 fonctionnaires d’État de plus. Les députés de la commission des finances viennent de faire mieux encore, en votant 48,8 milliards de dépenses supplémentaires sur le budget 2027. Face aux 54 milliards d’économies annoncés, l’écart entre le discours et les actes approche la centaine de milliards.

Le détail vaut le détour : 12 milliards pour l’écologie, dont le triplement du chèque énergie, 10 milliards pour l’enseignement, 2 milliards pour l’outre-mer. Le reste se disperse en amendements de quelques dizaines de millions, dont nul ne se souviendra et qui, additionnés, pèsent plus que le déficit de certains États.

Et l’on aurait tort de croire que ces dépenses sont gagées. Du côté des recettes, plus de deux cents amendements adoptés en commission creusent le déficit d’environ 9,6 milliards supplémentaires. On dépense davantage et l’on encaisse moins : le rapporteur général Philippe Juvin évalue le déficit public qui en résulterait entre 5,35 % et 5,4 % du PIB, quand la cible est de 5 %. Il qualifie le texte de «  pas satisfaisant  ». On le comprend.

Il serait commode d’imputer la facture aux seules oppositions. Un député Renaissance a fait annuler 47 millions d’économies demandées à l’audiovisuel public ; un autre a obtenu 10 millions de plus pour les festivals en territoires ; c’est encore un amendement du bloc central qui a supprimé le plafond d’exonération des heures supplémentaires. À l’Assemblée, la dépense est le seul sujet qui rassemble.

Après avoir voté tout cela, la commission a rejeté la partie recettes du budget par 31 voix contre 3. Les quatre groupes de gauche, le Rassemblement National, Horizons et la Droite républicaine ont voté contre ; seul le groupe macroniste a voté pour, l’un de ses députés expliquant qu’il valait mieux « un mauvais budget que pas de budget ». Rien de ce que la commission a adopté ne survit : l’hémicycle repart du texte initial du gouvernement, et chaque amendement doit être redéposé. Autrement dit, ces 48,8 milliards n’ont jamais existé que sur le papier. Voter la dépense ne coûtait donc rigoureusement rien, ni en crédibilité, ni en responsabilité, ni en arbitrages.

Une assemblée qui vote des dépenses sans avoir à les financer n’est pas une assemblée budgétaire, c’est une simple tribune.

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