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vendredi 2 octobre 2026

Dans le budget, le retraité « aisé » commence à 1 260 euros par mois

Temps de lecture : 2 minutes

C’est clairement écrit dans les documents du budget 2027 : pour les pensions dont le montant total, base et complémentaire confondues, dépasse « le niveau de pension garanti pour une personne ayant une carrière complète », soit 1 260 euros, le gouvernement pourra appliquer une revalorisation inférieure à l’inflation. Le dispositif prévoit deux paliers possibles, à 1 260 et à 2 000 euros, et rapporterait environ 4 milliards d’euros en 2027.

Rappelons ce que disent les chiffres de la Drees. La pension moyenne de droit direct s’élevait fin 2023 à 1 666 euros brut, soit 1 541 euros net. Seuls 8 % des retraités dépassent 3 000 euros, tandis que 34 % touchent moins de 1 000 euros, dont près d’une femme retraitée sur deux. Avec un seuil à 1 260 euros, le « retraité aisé » du budget se situe donc nettement en dessous du retraité moyen.

Cette conception de l’aisance est déjà remarquable, mais il y a mieux : le projet de loi de financement de la sécurité sociale ne fixe pas le taux de revalorisation, il « permet au Gouvernement de déterminer, par voie réglementaire, un taux d’indexation inférieur à celui de l’inflation et supérieur à 1 ». Les parlementaires voteront donc le principe d’une sous-indexation sans en connaître l’ampleur, celle-ci étant renvoyée à un décret. Pour une mesure qui touchera la majorité des dix-sept millions de retraités français, c’est un blanc-seing. S’y ajoute le plafonnement à 3 000 euros de l’abattement de 10 % sur les pensions.

Selon le gouvernement, sans mesure nouvelle, les dépenses totales de pensions atteindraient 436 milliards, soit 14 % du PIB. Mais même avec ces mesures, elles progresseront quand même encore de 6 milliards sur le champ de la sécurité sociale. On prélève donc quatre milliards sur les retraités pour financer une dépense de pensions qui augmente malgré tout. On rabote l’indexation, mais on ne réforme rien. Le dossier donne pourtant lui-même une indication sur ce qu’il se passera si l’on ne fait rien : le déficit du régime de base se creusera à 13,9 milliards d’euros en 2030 et le rapport entre cotisants et retraités passera de 1,8 aujourd’hui à 1,6 en 2040, puis 1,3 en 2070. Et pourtant, aucune des mesures prévues dans le  budget ne se préoccupe vraiment de compenser ce rapport.

Le mot « aisé » n’aura donc servi qu’à faire passer une mesure de masse pour une mesure de justice. À 1 260 euros par mois, on n’est pas un privilégié : on est un retraité français ordinaire.

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