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samedi 12 septembre 2026

La production européenne rebondit malgré le boulet réglementaire

Temps de lecture : 2 minutes

Après deux années consécutives de baisse, l’industrie européenne retrouve enfin le chemin de la croissance. Selon les dernières données publiées par Eurostat, la valeur de la production industrielle vendue dans l’Union européenne a progressé de 3,8 % en 2025, pour atteindre près de 6 100 milliards d’euros.

Cette reprise doit toutefois être relativisée. En euros constants, c’est-à-dire en prenant compte de l’inflation, la progression est plus modeste (2,9 %). Elle constitue néanmoins le premier retour à la hausse depuis 2022, après un recul enregistré pendant deux années consécutives (-1,5 % en 2023 et -1,9 % en 2024). L’industrie européenne avait été particulièrement affectée par la crise sanitaire : sa production avait chuté de 6,6 % en 2020, avant d’augmenter de 8,5 % en 2021, puis de seulement 0,4 % en 2022.

Les cinq principaux secteurs d’activité manufacturière qui enregistrent les plus fortes croissances sont la fabrication de véhicules automobiles, l’agroalimentaire, les machines et équipements, les produits métalliques transformés, et enfin, les produits chimiques et produits dérivés. Mais ce rebond intervient dans un environnement particulièrement complexe pour les industriels européens. Ils doivent en effet affronter une concurrence internationale de plus en plus forte, tout en respectant des réglementations qui alourdissent les coûts de production : fiscalité climatique, obligations de reporting, normes sociales, réglementations sur les produits, objectifs de décarbonation… Autant de contraintes qui ne s’imposent pas nécessairement avec la même intensité aux entreprises situées en dehors de l’UE, que ce soit aux États-Unis, en Chine ou encore en Inde.

La répartition de la production illustre par ailleurs le poids considérable de quelques économies. Six pays concentrent 71 % de la production industrielle vendue dans l’UE : l’Allemagne arrive en tête avec 26 %, devant l’Italie (14 %), la France (12 %), l’Espagne (8 %), la Pologne (6 %) et les Pays-Bas (4 %).

La bonne nouvelle, c’est donc que l’industrie européenne résiste. La mauvaise, c’est qu’elle doit le faire avec une main attachée dans le dos. Entre la concurrence chinoise, américaine ou asiatique et l’avalanche de normes européennes, il serait peut-être temps, pour les technocrates bruxellois, de comprendre qu’on ne réindustrialise pas un continent en rendant chaque usine plus coûteuse à faire fonctionner.

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