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jeudi 10 septembre 2026

Prix des carburants : le gouvernement refuse de baisser la fiscalité

Temps de lecture : 2 minutes

C’est un record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants atteignent plus de 2,12 € pour le litre de SP95-E10, et 2,29 € pour le gazole. Mais le gouvernement refuse toujours de réduire les taxes : « La situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesure », à en croire Bercy, qui préfère entretenir l’illusion de l’argent magique avec 1,4 milliard d’euros d’aides ciblées.

Cette stratégie est difficile à justifier au vu du niveau de paupérisation des Français : d’après une étude de l’INSEE publiée le 8 septembre, 22,4 % des ménages avec voiture auraient consacré plus d’un mois de leurs revenus disponibles annuels en carburant (ou assimilé) s’ils avaient été confrontés, en 2021, aux prix observés au printemps 2026. Parmi les ménages les plus exposés, 38 % sont considérés comme pauvres.

Pour Francis Pousse, président de la branche stations-service du réseau Mobilians, l’organisation patronale des entreprises de la distribution et des services de l’automobile, « la seule solution » pour faire baisser les prix à la pompe est de baisser le droit d’accise. L’État prélève environ 60 centimes par litre de gazole et 67 centimes sur l’essence au titre des accises, auxquels s’ajoute 20 % de TVA, ce qui lui fait un revenu d’un euro, voire plus, pour chaque litre. Pour le SP95, les taxes représentent plus de la moitié du prix.

D’autres pays européens ont fait le choix d’une baisse de la fiscalité. Après des négociations de la coalition des conservateurs et des sociaux-démocrates, le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé, mi-avril, une baisse temporaire de la taxe énergétique de 17 centimes par litre environ, sur le diesel et sur l’essence. En Espagne, la TVA est passée de 21 % à 10 % entre mars et juin. Même chose en Italie : le gouvernement de Giorgia Meloni a baissé temporairement les accises sur l’essence et le gazole.

Le gouvernement français pourrait faire de même, lui qui se gave avec la hausse des prix du pétrole, tout en accusant les distributeurs de faire de même. Une baisse de taxes bénéficierait directement aux automobilistes sans créer un nouveau dispositif redistributif qui leur fait croire qu’ils sont « aidés » par l’État, alors que l’argent qui leur est donné est le leur. Mais elle ne doit évidemment pas être financée par davantage de dette : la baisse des prélèvements doit aller de pair avec une baisse des dépenses publiques. Ce n’est pas une vue de l’esprit : l’IREF a montré qu’avec les bonnes réformes, il est possible d’économiser 210 milliards d’euros par an.

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