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vendredi 2 octobre 2026

Et si les États-Unis étaient en train de gagner la bataille d’Ormuz ?

Temps de lecture : 2 minutes

Selon Kpler, la firme spécialisée dans le suivi des tankers, la moyenne hebdomadaire du flux de pétrole franchissant ce détroit stratégique s’est établie à 14,9 millions de barils par jour, le double du début septembre. Ce n’est plus très loin des 17,13 millions constatés juste avant la guerre entre l’Iran et les États-Unis, et cela correspond en fait à l’intégralité des flux de pétrole non iraniens.

La sécurisation des convois fonctionne : ils transitent de nuit, tous feux éteints et transpondeur coupé, en longeant la côte du sultanat d’Oman, sous la protection de drones et d’hélicoptères, trois destroyers américains ayant été discrètement déployés à l’intérieur du Golfe cet été avant d’en repartir. En outre, le pipeline saoudien Est-Ouest vers le port de Yanbu, qui permet de court-circuiter Ormuz, a été remis en service jeudi après deux semaines d’interruption due à des raids de drones menés en Irak par des supplétifs de l’Iran. Selon Kpler, les exportations saoudiennes ont même atteint 6,4 millions de barils, contre 5,4 millions avant la guerre.

Il faut toutefois se garder d’un excès d’optimisme, car cette reprise ne concerne que le brut. Les produits raffinés ne représentent plus que 18 % des volumes d’avant-conflit, les raffineries de la région ayant perdu quelque deux millions de barils par jour de capacité, et la moitié seulement des exportations a repris. La pénurie d’essence, elle, est toujours devant nous. Il faut également noter qu’une partie de la normalisation ne doit rien au détroit : environ 40 % du pétrole du Golfe le contourne désormais par oléoduc, contre 17 % avant la guerre.

La Maison-Blanche dit s’attendre à ce que le dernier tanker iranien arrive mi-octobre en Chine ; le régime n’aurait ensuite plus de recettes en devises. Le rial a enfoncé un nouveau plancher historique, dépassant les 2,5 millions pour un dollar, contre 2,2 millions début septembre. Des négociations se tiennent par ailleurs via des médiateurs qataris : Washington a rejeté une offre iranienne de rouvrir le détroit sous sept jours en échange de la levée du blocus naval et d’un allègement des sanctions, préférant la stratégie de l’étranglement économique.

Si la marine américaine peut désormais se targuer de « contrôler » Ormuz, le risque n’est pas nul : trois navires ont été frappés mercredi, sans subir toutefois de dégâts majeurs. On peut s’attendre à ce que le régime des mollahs et des pasdarans tente de renverser le rapport de force avant les élections de mi-mandat, par des raids réussis contre des tankers qui dissuaderaient les armateurs de risquer la traversée, ou contre des infrastructures clés des monarchies du Golfe. Mais, en l’état de ses armements, il ne semble pas en avoir les moyens.

Washington a annoncé ce vendredi matin le déploiement de trois nouvelles batteries antimissiles en Arabie saoudite et au Qatar. Un troisième porte-avions américain fait par ailleurs route vers le Golfe pour constituer, avec des navires amphibies, un groupe d’assaut sans précédent depuis l’invasion de l’Irak en 2003, hormis au début de la guerre menée en mars dernier par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Donald Trump a déclaré qu’il comptait reprendre les hostilités juste après les élections du 3 novembre. Le Pentagone manque certes cruellement de munitions. Mais un régime iranien incapable de régler les salaires de ses fonctionnaires en sortira terriblement affaibli.

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