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dimanche 18 octobre 2026

Etats-Unis : les républicains à la veille d’un retour au reaganisme ?

Temps de lecture : 2 minutes

Le Parti républicain américain va-t-il bientôt opérer un retour au libéralisme reaganien ? C’est ce que pensent – et espèrent – l’ancien sénateur Phil Gramm et le professeur Donald Boudreaux de l’université George Mason (Virginie), du moins si le Grand Old Party (GOP) perd les élections de mi-mandat de novembre prochain comme ils le pronostiquent.

Les deux économistes, dans un article publié par le Wall Street Journal, sont catégoriques : « Depuis la fondation des Etats-Unis, les droits de douane se sont révélés néfastes pour le parti qui les a mis en œuvre. » Pourquoi en serait-il autrement le 3 novembre 2026 ?

Les Américains, et les électeurs républicains au premier chef, sont de plus en plus réticents vis-à-vis des droits de douane imposés par Trump, « les plus élevés depuis 90 ans ». Il faut dire qu’ils ne produisent, pour l’instant, qu’un ralentissement de la croissance, une augmentation des prix à la consommation et une stagnation des salaires réels. Les parlementaires républicains ne sont pas non plus de chauds adeptes du protectionnisme. Certes, ils se sont bien gardés d’affronter Trump sur cette question – par loyauté partisane ou par peur des représailles – mais ils défendent traditionnellement le libre-échange.

Si les « midterms » de novembre 2026 sont perdues par les Républicains, il se pourrait qu’une fronde interne voie le jour contre la politique douanière de Donald Trump. Ainsi, la campagne pour les primaires – qui débutera dès le 4 novembre 2026 – pourrait être l’occasion de ressusciter, au sein du GOP, la politique commerciale de Ronald Reagan qui fut, parmi les présidents américains, le plus fervent défenseur de la libéralisation des échanges. Comme il le disait : « Plus les échanges mondiaux sont libres, plus le mouvement en faveur du progrès humain et de la paix entre les nations est puissant. »

Comme le soulignent Gramm et Boudreaux, « Les Américains ont considérablement bénéficié de la levée des barrières protectionnistes. Depuis 1947, le produit intérieur brut par habitant a augmenté de 367% en termes de pouvoir d’achat réel. » Une étude récente estime qu’entre 1950 et 2022, l’intégration des États-Unis dans l’économie mondiale a permis d’ajouter 10 points à la croissance du PIB américain. Le secteur agricole américain dépend des marchés étrangers, et la quasi-totalité de l’industrie manufacturière a besoin de composants importés. Sans intrants étrangers à faible coût, de nombreux fabricants seraient dans l’incapacité d’exporter leurs produits. « Plus que jamais, écrivent les deux économistes, les entreprises américaines ont des raisons économiques de s’opposer au protectionnisme, ce qui suscite un soutien politique croissant en faveur d’une réduction des droits de douane ».

Un candidat qui s’engagerait à abroger les droits de douane de Trump et à se démarquer de son protectionnisme et de sa politique industrielle pourrait remporter l’investiture. Et ainsi se présenter à l’élection présidentielle, « libéré du poids du bilan de Donald Trump, sur un programme visant à faire revivre les politiques reaganiennes de libre entreprise, d’ouverture des marchés et d’un État limité. »

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4 réponses

  1. Le populisme a besoin de recettes simples face à des problèmes complexes
    Donc le protectionnisme fait un tabac aussi bien en France qu aux usa même s il ne résoud absolument aucun des problèmes du pays s il ne les aggrave pas
    L exemple de l accord de libre échange avec le mercosur rejeté par tous nos hommes politiques révèlent l ampleur du désastre idem pour les énormes droits de douane américains

  2. je suis entièrement d’accord avec vous au plan économique… mais si l’on applique le libéralisme, alors il doit être intégral… on ne peut pas pratiquer le libre-échange (qui éprouve primitivement le petit peuple des périphéries) tout en finançant de grasses prébendes du capitalisme-de-connivence social-démocrate dans les grands métropoles (électorat démocrate et bourgeois)… cela demeure l’immense erreur de Reagan (qui a fait lui-même de la croissance par la dette publique)… il faut relire Frédéric BASTIAT ! … le petit-peuple qui réclame le protectionnisme ne fait que réclamer sa part de privilèges et de protections… le libéralisme ne peut trouver son équilibre que s’il s’applique à tout le monde de la même façon… y compris aux gros industriels qui vivent de facilités étatiques. Sans quoi l’on reviendra sans cesse au même problème.

  3. Reagan et Thatcher ont fait du François Hollande et du Macron : du libre-échange subventionné par la dette publique ! … je partage votre critique du protectionnisme… mais si l’on va dans cette direction, alors il faut être intégral… sous peine de voir les effets pervers que l’on ne connaît que trop bien. Relire Bastiat à ce sujet, il est prophétique !!

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