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lundi 28 septembre 2026

Fuite des cerveaux : la France forme des talents que d’autres pays recrutent

Temps de lecture : 2 minutes

La France attire les frontaliers qui viennent y résider parce que la vie y coûte moins cher, conséquence du déclassement du pays, tandis qu’elle fait fuir ses ingénieurs. Le taux d’expatriation des ingénieurs en activité a ainsi augmenté pour la seconde année consécutive. C’est ce que montre le baromètre Syntec-Ipsos BVA, publié le 24 septembre. La France peine à retenir les talents qu’elle forme. Selon les données des Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF) reprises par l’enquête, 15 % des ingénieurs en activité travaillaient à l’étranger fin 2024 – soit 150 000 personnes – contre moins de 12 % fin 2022 et 13 % fin 2023. Du côté des jeunes diplômés en revanche, le taux d’expatriation reste stable à environ 9 %.

Le phénomène est encore plus marqué chez les talents étrangers formés en France : près de 27 % quittent le pays. Le problème est d’autant plus important que les contribuables ont financé une partie de leur formation. Les dépenses publiques de formation correspondant à une promotion d’expatriés sont estimées à 2 milliards d’euros, sachant que le périmètre a été élargi cette année aux masters et aux doctorants. La France supporte donc une partie du coût de la formation sans en faire profiter son économie.

Il faut dire que la compétition internationale est de plus en plus intense. En 2023, 7,3 millions d’étudiants étaient en « mobilité diplômante » dans le monde, c’est-à-dire qu’ils étudiaient à l’étranger (une hausse de 17 % en cinq ans). La France, huitième pays d’accueil des étudiants internationaux, a perdu deux places en cinq ans. Elle ne retient que 33 % de ces étudiants cinq ans après leur arrivée. C’est 52 % pour le Canada et l’Allemagne, présentés comme les « champions de la rétention ».

Est-ce une fatalité ? Parmi les facteurs susceptibles de les faire rester, 43 % des sondés qui envisagent de s’expatrier citent une hausse des revenus nets, 37 % de meilleures perspectives de carrière et 32 % une baisse de la fiscalité. Seuls 13 % déclarent qu’ils ne veulent « plus vivre en France ». L’enjeu n’est donc pas le rejet du pays en tant que tel, mais le pouvoir d’achat, l’évolution professionnelle et le poids de la fiscalité.

La France conserve pourtant des atouts reconnus par les talents eux-mêmes. Ils citent la qualité de la formation, le cadre de vie, la protection sociale. Mais ces avantages ne compensent pas un niveau de rémunération jugé insuffisant par rapport aux autres pays riches. La conclusion de la Fédération Syntec est claire : notre pays « ne pourra reprendre pied dans la compétition mondiale des cerveaux qu’en créant davantage de richesses ». Puissent nos hommes politiques avoir le courage de baisser les dépenses publiques pour pouvoir alléger les prélèvements qui rendent le travail moins rémunérateur.

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