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jeudi 13 août 2026

L’auto-entrepreneuriat pallie la baisse du pouvoir d’achat

Temps de lecture : 2 minutes

En matière de créations d’entreprises, le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ? Les derniers chiffres, publiés le 21 juillet 2026, peuvent être interprétés de diverses manières. Les uns, à l’instar de l’Insee, voient d’abord un « repli des créations d’entreprises en juin 2026 » : -2,2% après +10,6% en mai. La baisse concerne les micro-entreprises (-3,1% contre +13,5% en mai) et les entreprises individuelles classiques (-2,7% après +8,6%), tandis que les créations de sociétés restent dans le vert mais ralentissent (+0,7% après +3,6%).

D’autres en revanche, prenant un peu de recul, insisteront sur la forte augmentation sur un an (juillet 2025-juin 2026) de 11,1% par rapport à la même période un an auparavant. Les données trimestrielles (avril-juin 2026) montrent aussi un accroissement important (+10%) par rapport au deuxième trimestre 2025, porté essentiellement par les micro-entrepreneurs (+14,8%), alors que les créations de sociétés sont en hausse plus modérée (+2,1%) et celles d’entreprises individuelles classiques sont en baisse (-1,9%).

Pour l’instant, la baisse du mois de juin semble être un « trou d’air ». Les chiffres sur trois mois et un an montrent que la création d’entreprises, et surtout celle de micro- (ou auto-) entreprises, a toujours le vent en poupe.

Cependant, tous les micro-entrepreneurs n’exercent pas à temps plein. Dans une autre note, parue le 30 juin 2026, l’Insee révèle que 32% d’entre eux cumulent une activité non salariée avec une activité salariée. Pour eux, l’auto-entrepreneuriat est une activité d’appoint qui ne leur rapporte, en moyenne, que 370 euros par mois.

En réalité, nombre d’auto-entrepreneurs choisissent d’exercer une activité à côté de leur emploi principal pour « mettre du beurre dans les épinards ». Ils le font en toute légalité, alors qu’il est si simple de travailler au noir, et montrent au demeurant qu’ils sont partisans du « travailler plus ».

Par conséquent, toute remise en cause de ce statut est une ineptie. Ils sont nombreux – des artisans du bâtiment aux entreprises de travail temporaire – à dénoncer la « concurrence déloyale » de l’auto-entrepreneuriat. Nul doute qu’à l’occasion des projets de lois de finance (PLF et PLFSS) 2027, ils reviendront à la charge.

Pourtant, ces micro-entrepreneurs sont loin de rouler sur l’or. L’Insee précise, en effet, que leur « revenu d’activité moyen a diminué en 2024 pour la deuxième année consécutive (-2,2% en euros constants, après -3,5% en 2023), malgré le recul de l’inflation » et que leur pouvoir d’achat est revenu à son niveau de 2019.

Les auto-entrepreneurs ont surtout besoin qu’on les laisse tranquilles. Ils mériteraient aussi qu’on les libère complètement, par exemple en les laissant s’assurer auprès du prestataire d’assurances sociales de leur choix.

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3 réponses

  1. L’auto entreprenariat est aussi un moyen simple de mélanger travail légal et travail au noir avec un minimum de risques. Demandez à un artisan s’il vous fait un prix si vous payez en liquide. Sa réponse : avez-vous besoin d’une facture ? L’article dit que le revenu moyen d’un auto entrepreneur est de 370 €, c’est ce qu’il déclare pour avoir la paix et éviter les ennuis. On retrouve Laffer dans ce processus : l’État taxe tellement qu’il est devenu presque moral de tricher, le gaspillage de l’argent public a pris une telle ampleur que tricher c’est seulement léser un racketteur.

  2. Vous parlez de liberté pour les autoentrepreneurs et je suis pour.
    Mais il ne semble pas que ce soit le mantra de nos dirigeants qui veulent tout contrôler, surtout ce qui marche

  3. Il faudrait augmenter de manière importante les chiffres d’affaires autorisés des auto-entrepreneurs et diminuer leurs charges. Il faudrait aussi les autoriser à déduire fiscalement leurs frais de déplacements, ce qui n’est pas le cas !

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