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lundi 31 août 2026

Le pouvoir d’achat s’invite dans la campagne présidentielle

Temps de lecture : 2 minutes

Les Français s’appauvrissent. L’Insee vient de dévoiler les chiffres du deuxième trimestre 2026 : le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) par unité de consommation a diminué de 0,6% (après -0,2% au premier trimestre). Il avait déjà baissé de 0,7% en 2025. Pour financer leurs dépenses, nos compatriotes puisent dans leur bas de laine : le taux d’épargne financière (hors emprunts immobiliers) s’établit ainsi à 8,5% contre 9,1% au premier trimestre 2026.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le sujet s’invite dans la campagne électorale de l’élection présidentielle de 2027. Les (trop) nombreux candidats déclarés traitent du sujet plus ou moins frontalement.

Il y a ceux qui veulent augmenter le Smic, tels Marine Tondelier (2000 € brut) ou Raphaël Glucksmann (1600 € net d’ici 2029). Il y a ceux qui veulent baisser les charges sociales pour augmenter le net salarial : Raphaël Glucksmann (grâce à une taxation des gros héritages), Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Retailleau. Il y a aussi Marine Le Pen qui privilégie non pas une baisse des cotisations sociales, mais de la fiscalité sur les dépenses essentielles et contraintes comme l’énergie. Il y a Jean-Luc Mélenchon qui souhaite hausser le Smic (1700 € net tout de suite), mais affirme que l’augmentation des salaires est de la responsabilité des dirigeants d’entreprise (qu’il veut accabler d’impôts par ailleurs) : « Si vous n’augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession. »

Parallèlement, il y a ceux qui pensent qu’il faudra aussi travailler davantage (Edoaurd Philippe, Bruno Retailleau) pour gagner plus quand Gabriel Attal compte surtout sur l’innovation, l’intelligence artificielle (IA) et la productivité. Son « monsieur économie », le député Paul Midy, affirme que l’IA, la robotique, l’automatisation… vont permettre d’être dix fois plus performants et ainsi de doubler tous les salaires d’ici une dizaine d’années. Mais pour cela, il va falloir dépenser beaucoup : Paul Midy veut former tous les salariés, à l’IA dans les trois prochaines années, distribuer des aides aux entreprises pour investir dans l’IA et la robotique, ouvrir des centres d’accompagnement pour les PME dans chaque département, instaurer un crédit d’impôt productivité et accorder des prêts dédiés à la transformation numérique. Faire grossir l’État pour améliorer le sort des Français ? Pas sûr que ça marche !

Et puis, il y a David Lisnard, à ce jour le plus radical et le plus explicite. Il souhaite réaliser 200 milliards d’euros (Md€) d’économies sur la dépense publique pour restituer 120 Md€ aux actifs sous forme de baisse de cotisations. Il est surtout le plus cohérent en déclarant que « l’État-providence est mort ». Pour lui, c’est notre « modèle social » qui crée la pauvreté. Il faut donc s’en défaire. Il souhaite aussi simplifier massivement, car il a bien compris que la bureaucratie et les normes contribuent autant à la baisse du pouvoir d’achat que la fiscalité.

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