Journal d'actualité libéral
|
mardi 30 juin 2026

Monique Barbut : une militante écologiste plutôt qu’une ministre

Temps de lecture : 2 minutes

Elle est ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature depuis le 12 octobre 2025. Personne ne la connaissait jusqu’à ce qu’elle se hasarde, le 26 juin dernier, à faire des prévisions météorologiques à dix jours. Lors d’un déplacement en région parisienne, elle annonçait, en effet, une nouvelle canicule entre les 6 et 14 juillet. Aussitôt les médias ont relayé l’information et le grand public découvrait que la ministre de la Transition écologique était en réalité Madame Météo. Ou plutôt, Madame Irma car Météo-France a immédiatement rappelé que des prévisions si lointaines étaient pour le moins sujettes à caution.

Monique Barbut faisait ainsi son entrée fracassante dans l’arène politique après huit mois de présence au ministère. Jusqu’alors, elle n’avait pas défrayé la chronique avec ses petites phrases. Elle s’est largement rattrapée depuis en fustigeant ceux qui défendent la climatisation.

Madame Barbut est manifestement déconnectée de la réalité quotidienne des Français qui, comme nous le rappelions hier, ne sont pas particulièrement préoccupés par l’écologie. Mais peut-on attendre autre chose d’une ministre militante que des prises de position idéologiques ?

Monique Barbut a travaillé plus de 20 ans à l’Agence française de développement (AFD), machin qui dépense sans compter l’argent des contribuables dans des projets douteux et politiquement orientés, avant de prendre la présidence du WWF France, organisme largement arrosé de subventions publiques (plus de 5 millions d’euros en 2024) provenant en grande partie du… ministère de la Transition écologique.

Il n’est manifestement jamais venu à l’esprit de quiconque – président de la République et Premier ministre en tête – qu’il puisse y avoir là conflit d’intérêts. Pas seulement à propos des subventions au WWF, mais aussi et surtout parce que Madame Barbut aura à prendre des décisions dans l’intérêt général et non pas défendre bec et ongles la cause écologiste.

Qu’aurait-on dit si Alexandre Saubot, président de France industrie, avait été nommé ministre de l’Industrie ou si Thierry Nier, secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots, avait accédé au ministère des Transports ?

S’il est nécessaire qu’ils connaissent un minimum leur sujet, les ministres ne doivent pas pour autant être les militants d’une cause. En réalité, ce qu’on leur demande, c’est d’avoir un peu de jugeotte. Madame Barbut en a manqué ces derniers jours. La chaleur, sans doute !

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


3 réponses

  1. Vous faîtes bien de rappeler que Mme Barbut se conduit plus en militante escrologiste qu’en ministre. En voici un « superbe » spécimen, comme on put le lire dans un article du Figaro en ligne du 19 mars 2026 dont je cite le début ci-après :
    « Paris menace de bloquer une enveloppe européenne de 500 millions d’euros destinée à la décarbonation du pays (l’Inde), accusé de ne pas respecter ses engagements dans le cadre de l’Accord de Paris.

    La France, critique du manque d’efforts climatiques de l’Inde, a menacé lundi de bloquer des fonds européens destinés à la décarbonation du pays, si New Delhi ne respecte pas ses engagements dans la lutte contre le changement climatique. Dans un entretien accordé à l’AFP, la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut a appelé l’Union européenne à se montrer plus ferme face à l’inaction climatique des pays émergents.

    Et elle a pointé du doigt l’Inde, avec laquelle l’UE vient d’annoncer la conclusion d’un accord de libre-échange fin janvier. Jeudi dernier, lors d’une réunion entre représentants des États européens, «nous avons appris qu’une partie de cet accord prévoyait 500 millions d’euros à l’Inde pour la décarbonation», a indiqué la ministre. Cette proposition a « été bloquée » à ce stade, certains pays se plaignant de découvrir tardivement ce volet de l’accord, a-t-elle poursuivi.

    « Je viens d’écrire à la Commission. Je ne suis pas favorable à un tel financement tant que l’Inde n’aura pas remis une NDC (contribution nationale climatique) conformément à ses engagements et qu’elle n’aura pas un comportement un peu différent dans le traitement qu’elle réserve à l’Union Européenne dans les négociations » climatiques, a-t-elle souligné. Ces NDC (pour «contributions déterminées au niveau national» en français) sont les plans climatiques que chaque pays doit normalement mettre à jour tous les cinq ans dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015 » ….

    « …Plus largement, Monique Barbut a appelé l’Union européenne à durcir le jeu dans les négociations climatiques, avec une « approche plus stratégique et aussi plus transactionnelle ».
    « Ça veut dire que clairement “on ne paye que si vous faites”. (…) L’Europe doit soutenir financièrement seulement les pays qui prennent eux-mêmes des engagements crédibles dans le cadre de l’Accord de Paris», a-t-elle plaidé auprès de l’AFP. Les ministres de l’Écologie des Vingt-Sept doivent débattre mardi à Bruxelles de la diplomatie climatique de l’UE. »

    Avec le ton arrogant de donneur de leçons caractéristique de maints « Occidentaux » qui les fait détester dans un nombre croissant de pays à travers le monde, Mme Barbut ne se gêne pas pour se conduire en militante escrologiste irresponsable agressivement péremptoire dont les glapissements risquent de porter atteinte aux excellentes relations entre la France et l’Inde qu’illustrent notamment les formidables commandes d’avions Rafale et de maints autres matériels militaires par l’Inde : ainsi, les propos de cette lourdaude contredisaient une des rares réussites de la politique étrangère de la France. Voilà qui a dû faire plaisir à nos concurrents, comme les États-Unis et le consortium produisant l’Eurofighter, sans parler de la Chine et le Pakistan que le succès du Rafale en Inde met hors d’eux.

    Décidément, Freluquet 1er a le chic de nommer à des postes de responsabilité des bras cassés qui nuisent aux intérêts de notre pays… Pour autant que je sache, ni lui ni son ectoplasmique premier ministre n’ont fait quoi que ce soit pour « renvoyer à la niche » cette sotte et néfaste excitée.

  2. Pour ne pas laisser s’échapper une telle compétence, il faudrait lui ménager un fauteuil dans l’un de ces organismes internationaux qui ne servent pas à grand chose, et il n’y aura que l’embarras du choix.

  3. C est un grand classique de nommer des militants comme ministre de l écologie pompili, hulot, voynet, cochet, lepage, lalonde….
    Ils font un petit tour et puis s en vont

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.