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jeudi 15 octobre 2026

Piketty se trompe : quand il y avait moins de milliardaires, il y avait surtout plus de pauvres

Temps de lecture : 2 minutes

Invité de BFMTV-RMC le 15 octobre, Thomas Piketty a proposé de soumettre à référendum un « impôt de solidarité nationale » sur les patrimoines supérieurs à cent millions d’euros, en expliquant que « quand il y avait moins de milliardaires, on avait plus de prospérité ». La formule a ceci de commode qu’elle est facilement vérifiable. En voici trois exemples : en France, en Suède et dans le monde. Les trois constats sont les mêmes.

La France d’abord. De 1982 à 2017 y a sévi  un impôt sur la fortune dont l’objet déclaré était de réduire les grands patrimoines. Il y est parvenu à sa façon : les redevables s’expatriaient, et l’ISF ne rapportait plus qu’un peu plus de cinq milliards dans sa dernière année pleine. Un nouvel impôt sur la richesse aura à coup sûr les mêmes résultats. Néanmoins, le nombre de milliardaires, lui, est passé de trois sur la première liste Forbes de 1987 – Schlumberger, Liliane Bettencourt et Serge Dassault – à cinquante-deux aujourd’hui. Si M. Piketty avait raison, le niveau de vie médian aurait dû reculer à proportion. Il a fait l’inverse. Selon l’Insee, le niveau de vie médian des Français a doublé en euros constants entre 1970 et 2018, de 10 390 à 20 500 euros par an. Il a continué de progresser depuis : sur la série actualisée, il atteint 25 760 euros en 2023, son plus haut niveau jamais mesuré. Selon la Banque mondiale, le PIB/habitant est passé de 16 175 dollars en 1987 à 48 985 dollars en 2025. Trois fois plus. Si M. Piketty avait raison, le niveau de vie en France aurait dû reculer à proportion. Il a fait l’inverse.

La Suède ensuite, qui a fait l’expérience inverse. Elle a supprimé les droits de succession en 2004, puis l’impôt sur la fortune en 2007. Elle a l’une des plus fortes densités de milliardaires par habitant d’Europe et son PIB par habitant (63 133 dollars) dépasse celui de la France. Si M. Piketty avait raison, elle devrait s’être appauvrie depuis vingt ans. Personne, là-bas, ne suggère d’y revenir.

Le monde enfin.. Le classement Forbes 2026 recense 3 428 milliardaires, contre 140 sur la première liste de 1987 : vingt-quatre fois plus en trente-neuf ans. Si M. Piketty avait raison, la pauvreté aurait dû croître significativement. Or, d’après la Banque mondiale, environ 2,3 milliards de personnes vivaient dans l’extrême pauvreté en 1990, plus de 40 % de l’humanité ; ils sont 831 millions en 2025, soit une personne sur dix. Un milliard et demi en sont sortis et le PIB/hab dans le monde a été multiplié par trois.

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