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dimanche 18 octobre 2026

Allons-nous vers une (très) grave crise financière ?

Temps de lecture : 2 minutes

Le rendement de l’emprunt d’État français à dix ans a atteint 4,9 %. La hausse des rendements obligataires traduit toujours la même chose : une confiance qui s’érode, et des investisseurs qui exigent davantage pour prêter. Ce surcoût rend le service de la dette plus lourd et rend plus difficile l’émission de nouveaux titres destinés à financer des dépenses excessives. La France n’est pas seule sur cette pente, mais elle en est aujourd’hui le cas le plus préoccupant.

Nous avons déjà connu cela. En 2012, la zone euro a traversé une crise des dettes souveraines dont la Grèce était le foyer. L’Allemagne a mené le sauvetage et la Banque centrale européenne a prêté main-forte. L’intervention a contenu la crise. Mais elle a ouvert la porte à l’aléa moral, en affaiblissant chez les gouvernements l’incitation à tenir leurs comptes. Comme on le dit dans les romans policiers : seul le premier meurtre est difficile, ensuite cela devient une habitude.

Nous voici dans une situation comparable, à ceci près que les dettes publiques ont considérablement grossi depuis. L’économie et la dette françaises sont plusieurs fois supérieures à celles de la Grèce d’alors, qui pesait quelque 2 % de la zone euro, et aucun pays européen n’est en mesure de venir en aide à la France. On mesure l’écart en rapprochant deux montants : la dette publique française dépasse 3 460 milliards d’euros, quand l’ensemble des moyens du Mécanisme européen de stabilité, capital libéré et capital appelable confondus, s’élève à 700 milliards.

Reste la Banque centrale européenne. Elle s’est dotée en 2022 d’un instrument de protection de la transmission, qui n’a jamais servi et qui l’autorise à acheter de la dette d’un État sur le marché secondaire pour contrer une hausse injustifiée des coûts d’emprunt. Pour la France, dont les taux rendent tout endettement supplémentaire très onéreux, un tel soutien serait un soulagement. Mais l’instrument vise les hausses que les fondamentaux économiques ne justifient pas.

On trouvera néanmoins, je le crains, le moyen de couvrir les besoins de financement français, fût-ce aux dépens de règles fondamentales de la zone euro et de l’Union. Le système monétaire en sortirait affaibli, et nous nous serons contentés, une fois de plus, de repousser le problème. Car aucune ingénierie monétaire ne remplacera la maîtrise des dépenses publiques, et chaque année de report alourdit la charge de la dette.

Lire l’intégralité de l’article sur le site du GIS

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