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jeudi 16 juillet 2026

Incendie de Fontainebleau : les fakes news décomplexées du service public

Temps de lecture : 2 minutes

La fable du service public comme gage de neutralité et d’impartialité ne trompe plus grand monde, en particulier depuis la commission parlementaire sur l’audiovisuel public. Plus récemment, l’émission C dans l’air a apporté des arguments supplémentaires aux défenseurs de la privatisation. Le 14 juillet, Emma Haziza, docteur en hydrologie, a été invitée pour parler de l’incendie de Fontainebleau. L’île de France serait-elle devenue une zone à risque ? « On nous avait raconté que le changement climatique viendrait du sud et qu’il remonterait tranquillement vers le nord. On avait déjà compris, en 2019, que des feux, en plein champ, se déclaraient au mois de juin en Picardie. On n’était pas prêts sur le plan de la sécurité civile, mais les choses se confirment ». Le ton a été tout de suite donné : le changement climatique expliquerait l’ampleur d’un tel incendie. Pour une raison mystérieuse, l’origine criminelle n’a pas été évoquée. Plusieurs personnes avaient pourtant été interpellées lors de la diffusion de l’émission, et deux avaient reconnu, en garde à vue, leur implication. Le service public juge toutefois plus pertinent d’entretenir l’alarmisme autour du changement climatique. Ce biais est d’autant plus regrettable que les statistiques montrent que 90 % des départs de feux sont d’origine humaine, et que la foudre est l’unique cause naturelle. D’après la base de données sur les incendies de forêt (BDIFF), la malveillance était la cause de 33 % des incendies entre 2010 et 2023.

La suite de l’interview s’est concentrée sur les conséquences pour les nappes phréatiques, la sécurité du réseau électrique, l’accès à l’eau… Sur la question du nucléaire, Mme Haziza ne s’est pas contentée d’être biaisée : elle a proféré de fausses informations en affirmant que plus de 50 % de l’eau prélevée en France sert à refroidir les centrales nucléaires, que ces eaux sont rejetées à des températures supérieures de 3 à 10°C, et qu’on condamne « tout le vivant de la rivière ». Oui, 45,6 % du volume d’eau douce prélevée en France métropolitaine sert au refroidissement des centrales, mais celles-ci en restituent 97 % au milieu naturel, à proximité du lieu de prélèvement. Oui, la température de l’eau rejetée est plus élevée que celle prélevée, mais les rejets thermiques sont strictement encadrés par l’ASN (avec une limite proche de 28°C dans des conditions climatiques normales), et des centrales ont recours à des baisses ponctuelles de puissance pour respecter ces limites.

Une information complète qui distingue les faits des hypothèses et qui présente l’ensemble des éléments disponibles : n’est-ce pas précisément ce que l’on est en droit d’attendre d’une émission labellisée « service public » et financée par les contribuables ? C dans l’air a été vivement critiquée pour cette interview, mais n’a toujours pas fait son mea culpa.

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